Share

L’excision, cette tradition dangereuse pour la femme et ses droits


La culture Africaine est riche de sa diversité. Elle compte de nombreux usages dont certains ont fini par devenir des fléaux sur le continent, c’est notamment le cas de l’excision. L’excision est une pratique coutumière qui touche 200 millions de femmes et de filles d’après l’ONG Plan international. Le continent africain qui compte la majorité des cas (92 millions) n’est pas isolé; l’excision est également pratiquée au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique Latine.

Excision ou mutilations génitales féminines

Les mutilations génitales féminines (MGF) plus communément appelées excisions désignent l’ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres avec ou sans ablation des grandes lèvres. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) distingue d’autres types de mutilations génitales (ou sexuelles) féminines à savoir :

  • la clitoridectomie qui est une ablation partielle ou totale du clitoris,
  • l’infibulation qui est un rétrécissement de l’orifice vaginal par ablation et accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres avec ou sans ablation du clitoris.

Chaque année on dénombre environ 3 millions de filles excisées et ce phénomène touche les filles dès le plus jeune âge.

Comment la pratique-t-on ?

Traditionnellement, l’excision fait partie d’un rituel de passage à l’âge adulte pour les filles d’une quinzaine d’années. Dans certaines traditions africaines, c’est à partir de cet âge que les filles sont données en mariage. Cependant, l’excision a perdu son sens culturel et traditionnel. De nos jours, elle est réalisée avant l’âge de 5 ans en milieu rural et 40 jours après la naissance en milieu urbain dans certains pays. Toutefois, l’âge peut varier selon les ethnies et les pays. C’est le cas notamment du Tchad, de la Centrafrique et de la Somalie conservent encore ces rituels de passage à l’âge adulte où l’excision occupe malheureusement une place centrale. En effet, dans ces pays, 80% des filles sont excisées entre 5 et 14 ans au cours de rituels.

Généralement, l’excision est pratiquée par des femmes âgées qui ont hérité cette pratique de leur mère et qui ont un statut particulier dans la communauté, ou encore par des accoucheuses traditionnelles. C’est notamment le cas en Afrique de l’Ouest. Dans certains pays comme l’Égypte, le processus s’est médicalisé et ce sont des professionnels de la santé qui pratiquent l’excision dans la plupart des cas.

Pourquoi excise-t-on ?

Selon certaines croyances et rites multiséculaires, l’excision aurait pour but de rendre la future jeune mariée « pure ». Une femme excisée, ne ressentant pas de désir sexuel, ne pourrait avoir de relation adultérine, ce qui préserverait l’honneur de la famille.

Bien qu’aucun texte religieux ne le mentionne, certains utilisent leurs croyances pour justifier cette pratique devenue courante bien avant l’apparition des grandes religions monothéistes. Aussi, certaines communautés pensent que l’excision favoriserait la fécondité des femmes, qu’elle permettrait d’assurer une meilleure hygiène et de rendre les femmes plus attrayantes. Ce qui est certain, c’est que cette pratique n’est pas sans danger, bien au contraire.

Les conséquences des mutilations génitales féminines

Les conséquences des mutilations génitales sont multiples et désastreuses pour les filles. Tout d’abord, les victimes de l’excision sont en proie à d’extrêmes douleurs du fait que les lèvres vaginales et le clitoris sont des parties très innervés, mais aussi de la pratique de cette opération sans anesthésie. Cela a pour effet d’amplifier les douleurs que la femme peut ressentir tout au long de sa vie en l’absence de protection des terminaisons nerveuses.

Dans certains cas, des saignements ou des hémorragies consécutives à l’excision peuvent entraîner la mort. L’excision peut également entrainer des infections et la transmission de MST en raison de l’utilisation d’instruments non stérilisés à la chaine sur plusieurs jeunes filles.

Le plaisir étant diminué, la femme peut ressentir des douleurs au cours des rapports sexuels et le traumatisme psychologique peut perdurer et bouleverser sa vie sexuelle. Enfin, la quasi-fermeture du vagin peut empêcher l’urine et les menstruations de s’écouler normalement.

Aujourd’hui, l’excision est encore une norme sociale dans certaines régions du monde. En Somalie, en Guinée et au Djibouti on compte respectivement 98%, 97% et 93% des filles mutilées. Face à ce phénomène, l’ONU a adopté une résolution dénonçant les mutilations génitales féminines. Les MGF sont internationalement reconnues comme une triple violation des droits humains, des filles et des femmes. Plusieurs ONG dénoncent cette pratique qu’elles voient comme le reflet de l’inégalité des sexes dans le continent noir en particulier et à travers le monde en général.


Leave a Comment