Share

À Freetown, la Cédéao veut accélérer la mise en place de sa monnaie unique


Depuis le 3 février, des experts de la Communauté économique des états d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) sont réunis à Freetown au Libéria pour exano-mining le programme de mise en place de leur monnaie commune.

Un projet porteur d’espoir, mais qui a pris du retard

Lancé en 2000, le projet de monnaie commune aux 15 pays de la Cédéao dénommée Eco, est censé voir le jour dès 2020. Dans le programme initial, la mise en place de la monnaie commune devait être précédée par la création de deux blocs monétaires sous régionaux. Il s’agit de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) qui regroupe déjà les 8 pays d’Afrique de l’Ouest ayant en partage le franc CFA et la Zone monétaire ouest-africaine (ZMAO) qui regrouperait les 7 pays d’Afrique de l’Ouest qui ont chacun leur monnaie. En 2020 ces deux zones monétaires devraient fusionner pour donner naissance à une zone monétaire unique partant du Mali au Nigeria et dont la monnaie commune serait l’Eco.

Cependant, à ce jour la mise en place de ce projet qui doit marquer la fin de l’utilisation du franc CFA et des monnaies nationales en Afrique de l’Ouest a pris du retard. La création de la ZMAO, étape préalable à la mise en place de la monnaie unique, a déjà été reportée 4 fois (en 2003, 2005, 2009 et 2014). Sceptiques, certains chefs d’État de Cédéao ont exprimé leurs doutes quant à la mise en place de la monnaie commune en 2020.

Un projet soutenu par la BAD

À Freetown où ils se réunissent pour une semaine, les experts de la Cédéao doivent plancher sur le programme de coopération monétaire de la zone, le développement de la ZMAO et les questions relatives à la stabilité monétaire dans cet espace avec un focus sur le taux de change des monnaies en vigueur dans les différents pays.

Le projet de monnaie commune de la Cédéao est soutenu par la Banque africaine de développement (BAD). Dans un rapport publié en janvier 2016, intitulé « Pourquoi et quand instaurer une monnaie unique dans la CEDEAO », l’institution bancaire panafricaine estimait que sans monnaie unique, l’intégration monétaire en Afrique de l’Ouest serait inachevée et non viable.

La BAD expliquait notamment que les monnaies individuelles dans la Cédéao présentaient plusieurs limites telles que la faiblesse des capacités de gestion monétaire, les problèmes d’indépendance institutionnelle et opérationnelle des banques centrales et de la politique monétaire ou la non-convertibilité des monnaies.


Leave a Comment