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Cameroun : le procès des trois leaders anglophones reporté à nouveau


Les leaders de la contestation anglophone au Cameroun

Le procès des leaders de la contestation Agbor Balla, Fontem Neba et Mancho Bibixy a de nouveau été reporté. Ouvert ce 13 janvier au tribunal militaire de Yaoundé, le procès a été repoussé cette fois-ci au 23 mars prochain. Les 3 accusés ont juste eu le temps d’indiquer à la Cour qu’ils plaidaient non coupables des faits qui leur sont reprochés.

L’avocat Agbor Balla, le professeur Fontem Neba et l’animateur de radio Mancho Bibissi ont été au centre de toutes les attentions ce jour au tribunal de Yaoundé. Accueillis par des dizaines d’avocats, venus leur manifester leur soutien, ils peuvent aussi compter sur un pool de 160 avocats qui s’est constitué pour assurer leur défense. Les 3 leaders de la région du nord-ouest sont accusés de terrorisme, d’incitation à la violence, à la sécession et à la guerre civile, et de propagation de fausses nouvelles.

Le report du procès ordonné par les juges du tribunal militaire de Yaoundé a pour but de permettre au commissaire du gouvernement de constituer sa liste de témoins avant de l’échanger avec celle des avocats de la défense. Le commissaire du gouvernement a dit ne pas avoir terminé ses investigations. Le recensement de ceux qu’il considère comme étant des victimes des trois leaders anglophones a toutefois été entamé.

Les avocats dénoncent un  vice de procédure

Les avocats de la défense ont quant à eux soulevé un vice de procédure. Ils ont en effet rappelé que les règles procédurales imposent l’échange des listes de témoins cinq jours avant le procès. Ils se sont étonnés que le commissaire du gouvernement ne s’y soit pas plié.

Au cours des derniers mois, Agbor Balla, Fontem Neba et Mancho Bibixy ont appelé les Camerounais des régions anglophones (dans le nord-ouest du pays) à manifester pour mettre fin à ce qu’ils considèrent comme une marginalisation du pouvoir de Paul Biya et une plus grande reconnaissance de l’anglais dans l’administration. Ces manifestations ont souvent été réprimées. Le gouvernement a également décidé de priver ces régions de l’accès à internet depuis plusieurs semaines.


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