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Finance : la BCEAO bloque les transferts Orange Money à l’international


Un encart publicitaire d’Orange Money

Le Groupe français Orange qui avait lancé une plateforme de transfert électronique d’argent a vu sa volonté  de développement international compromise par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO). En effet, la BCEAO a adressé aux responsables d’Orange Sénégal, Mali et Côte d’Ivoire, des correspondances demandant de mettre fin aux opérations de transfert international d’argent.

En mars 2016, l’opérateur Orange avait obtenu de la BCEAO trois agréments pour devenir établissement émetteur de monnaie électronique au Sénégal, au Mali et en Côte d’Ivoire.

Grâce à ces agréments, Orange espérait booster à 200 millions d’euros (environ 130 milliards de francs CFA), les revenus générés par Orange Money d’ici à 2018.

Toutefois en février les succursales d’Orange au Mali, Côte d’Ivoire et Sénégal ont reçu  des injonctions de la BCEAO qui  visaient à  « mettre fin sans délai aux opérations de transfert international d’argent qui, estiment la BCEAO sont hors du champ des activités qu’elles ont été autorisées à effectuer« .

La BCEAO a été alertée par des campagnes publicitaires d’Orange dans la presse annonçant son nouveau service. Ainsi dépêcha-t-elle une mission de contrôle en novembre 2016 à Abidjan (Côte d’Ivoire). Celle-ci confirma que le produit était bel et bien opérationnel.

La BCEAO bloqua ainsi vers mi-février tous les transferts d’Orange.

Selon la BCEAO, Orange aurait mal interprété les agréments reçus, car ceux-ci ne permettent aucunement de transférer de l’argent en France. Cette opération, comme le précisent les dispositions pertinentes du règlement relatif aux relations financières extérieures des États membres de l’UEMOA, «relève exclusivement de la compétence des établissements de crédit comme les banques  installés sur le territoire d’un État membre de l’UEMOA ayant reçu la qualité d’intermédiaires agréés». Et Orange n’en est pas un.

Ce règlement strict permettrait d’éviter la fuite des réserves de change ou encore de combattre le blanchiment selon la BCEAO.

Orange ne sera pas débloqué

En outre selon la BCEAO, les institutions comme Orange Money ont reçu l’agrément d’agir dans un champ d’action plus réduit que les banques ce qui leur permet de gérer  montants plus modestes et des opérations plus faciles.

En effet, contrairement aux banques, Orange Money n’a pas de comptes ouverts à la BCEAO. Ainsi selon un expert de la BCEAO le nouveau service de transfert ne sera pas  débloqué  à moins qu’Orange  « décide de créer une banque ».


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