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Gabon : la présence d’opposants oblige les ministres gabonais présents à Paris à demander une protection policière


Le détachement de CRS qui assure la sécurité des ministres gabonais en France
Le détachement de CRS qui assure la sécurité des ministres gabonais

Vidéo – Difficile périple parisien pour les membres du gouvernement gabonais. Arrivée en France pour une série de rencontres économiques et diplomatiques, la délégation gabonaise conduite par le Premier ministre Emmanuel Issozet Ngondet a dû composer avec des manifestants gabonais.

Ceux-ci se sont postés devant les différents lieux de rencontre pour dénoncer les violences post-électorales d’août et  septembre 2016 ainsi que la restitution de la victoire de l’opposant Jean Ping.

Accroissement sans précédent de la dette du Gabon

L’opération de séduction parisienne du gouvernement gabonais ne s’est pas passé tout à fait comme prévu.

Venu en France avec une forte délégation, le Premier ministre Emmanuel Issozet Ngondet devait participer aux 10e Rencontres internationales des Partenariats Publics Privés (PPP), rencontrer des responsables du MEDEF, la puissante organisation patronale française, ainsi que des membres de l’exécutif français. L’objectif en toile de fond était d’attirer des investisseurs alors que le Gabon est financièrement exsangue. L’autre objectif était de vendre le dialogue politique initié par le Président gabonais Ali Bongo, dont l’élection est toujours contestée par son opposition.

Informés de l’arrivée de la délégation ministérielle, des opposants gabonais se sont mobilisés pour manifester devant les différents lieux de rencontre. Ainsi la rencontre des PPP et au MEDEF, les manifestants gabonais, proches de l’opposant Jean Ping, ont-ils distribué un manifeste sur le bilan économique d’Ali Bongo. Ils y dénoncent un accroissement sans précédent de l’endettement en hausse de près de 300% en 7 ans, une dégradation du climat des affaires, l’absence d’orthodoxie dans la gestion des finances publiques et des choix d’investissements hasardeux.

Le MEDEF n’a pas invité la délégation gouvernementale gabonaise

La mobilisation des opposants devant les portes du MEDEF et les échanges qu’ils ont eus avec des participants a contraint certains hommes d’affaires français à rebrousser chemin.

Interpellé par des opposants sur les réseaux sociaux sur la morale de ces rendez-vous entre des responsables gabonais soupçonnés d’être à l’origine d’une répression violente contre les populations, le MEDEF a eu une réponse curieuse. Le MEDEF dit recevoir la délégation gabonaise, mais ne reconnait pas l’avoir invité.

Restés mobilisés devant le MEDEF jusque tard dans la nuit, les opposants gabonais ont contraint les membres de leur gouvernement à quitter les lieux par une issue de secours. «Ils sont sortis par derrière» a indiqué un homme qui été présent sur les lieux. Ajoutant que craignant à nouveau d’être face aux opposants voire à Jean Ping lui-même (qui est également présent à Paris), le Premier ministre gabonais a renoncé à se rendre à un rendez-vous à Sciences Po où il était attendu.

Ce 24 mars, alertés par les membres du gouvernement gabonais sur la gêne et la menace que pourraient représenter pour eux les manifestants d’opposition, les organisateurs des rencontres parisiennes ont saisi la police. Ainsi, un détachement des CRS assure désormais la sécurité des lieux de rencontres où sont présents des ministres gabonais. A l’extérieur, les opposants ne désarment pas, ils continuent de manifester.


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