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Gabon : le gouvernement incapable de payer Guido Santullo ?


Ali Bongo Ondimba et Guido Santullo, lors de l’inauguration du pont sur la Banio, le 20 juin 2014
Ali Bongo Ondimba et Guido Santullo, lors de l’inauguration du pont sur la Banio, le 20 juin 2014. © DCP-Gabon

ACTU Gabon – Le patron du groupe de BTP Sericom ferait l’objet de pressions de la part des autorités gabonaises. Il lui est réclamé entre autres de payer un montant équivalent à quelques milliers d’euros près au montant de la dette qu’il réclame à l’État gabonais depuis quelques années.

Le bras de fer qui oppose l’entrepreneur franco-italien et l’État gabonais a commencé en 2015, quand Guido Santullo décide de s’en remettre aux instances internationales en vue de recouvrer une dette de l’Etatenvers le groupe dont il est le fondateur, qui s’élève à plusieurs centaines de millions d’euros.

Cette dette concerne la réalisation de chantiers prioritaires du Plan Stratégique Gabon Émergent, à savoir l’École de formation des officiers de Mandilou, le pont de Mayumba, et la route Ndendé-Mouila. Les travaux ont été préfinancés par Sericom, mais la société n’est toujours pas rentrée en possession des paiements.

Plaintes à l’internationale

Guido Santullo a saisi le Tribunal de Grande Instance de Paris et la Chambre de Commerce Internationale (ICC).

Il avait déjà obtenu en septembre 2015 une saisie conservatoire sur l’hôtel particulier Pozzo Di Borgo, acquis par le Gabon en 2010 au prix de 100 millions d’euros. Cette saisie avait conduit les protagonistes à la signature d’un accord. 42 milliards, sur 198 au total, avaient été débloqués par le gouvernement gabonais.

L’affaire est aux mains de l’ICC, suivie par le président du tribunal arbitral Sebastien Besson.

Des accusations et des pressions

Pour l’administration gabonaise, ces marchés souffrent de multiples anomalies; ils ont été octroyés de gré à gré, en violation du code des marchés publics, et les factures ne correspondraient pas toujours à l’estimation des ouvrages livrés. D’ailleurs, l’ancien ministre des Infrastructures et des Travaux Publics, Magloire Ngambia, et l’ancien directeur général du Fonds d’Entretien Routier 2, Landry Patrick Oyaya, ont récemment été arrêtés dans le cadre de l’opération Mamba, de lutte contre la corruption.

La Lettre du Continent nous rapporte que Guido Santullo fait l’objet de pressions de la part de la Direction générale des impôts et de la Cour des comptes du Gabon, par le biais de mises en recouvrement et redressements fiscaux. Le montant total de ces procédures s’élève au montant que l’État gabonais s’était engagé à lui rembourser. La direction générale de la contre-ingérence et de la sécurité militaire du ministère gabonais de la Défense réclamerait de Guido Santullo qu’il fournisse l’ensemble des documents relatifs à la réhabilitation du pont de Kango, un projet livré et inauguré en 2013, du fait de nombreuses irrégularités dans l’exécution des travaux.

 


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