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Le Nigéria à la conquête du bobsleigh et des Jeux Olympiques d’hiver 2018


(De gauche à droite) Akuoma Omeoga, Ngozi Onwumere, et Seun Adigun veulent représenter le Nigéria aux J.O dans la discipline bobsleigh © Obi Grant

Qui n’a jamais regardé Rasta Rockett ? Sortie en 1993, cette comédie culte met en scène l’histoire vraie de la première participation des Jamaïcains aux Jeux Olympiques d’hiver en 1988 dans la discipline bobsleigh. Il semblerait que l’épopée jamaïcaine ait donné des idées à certains. Ou plutôt à certaines. En effet, trois jeunes nigérianes veulent s’inspirer de cette histoire pour inscrire l’Afrique dans les annales. Les jeunes athlètes se battent pour participer aux J.O d’hiver de 2018, en Corée du Sud. Si elles y parviennent, le Nigéria sera la première nation africaine à concourir dans cette discipline. 

Ngozi Onwumere, Akuoma Omeoga et Seun Adigun, en voila des personnes ambitieuses. Ces jeunes athlètes nigérianes aspirent à être la première équipe féminine africaine de bobsleigh aux prochains Jeux Olympiques d’hiver. Une discipline dans laquelle aucun pays africain n’a jamais été représenté. Ferventes croyantes, elles veulent prouver que « Tout est possible à celui qui croit ».

Le Bobsleigh, en quoi ça consiste ?

Le bobsleigh est un sport d’hiver qui se pratique sur une piste verglacée et étroite. Aussi appelé bobsled, il s’agit de courses chronométrées réalisées à bord d’un engin glissant. Discipline olympique depuis la création des Jeux en 1924, elle n’est ouverte aux femmes que depuis 2002. Si pour les hommes l’on peut la pratiquer à 2 ou 4, l’épreuve féminine en revanche ne se pratique qu’à deux.

 

L’équipe allemande masculine au bobsleigh à 4 © Pinterest

Dominée par la Suisse et l’Allemagne, aucun pays africain n’a jusqu’ici concouru dans cette catégorie. Sport de glisse, pratiqué dans un climat froid, c’est loin des températures chaudes d’Afrique que ces anciennes sprinteuses ont choisi d’évoluer. Bien que spectaculaire, le bobsleigh est aussi un sport qui peut s’avérer dangereux. En effet, dans ce sport la vitesse atteint parfois des records. A ce jour, le record de vitesse est de 152,8 km/h. La prise d’élan en début de piste, la pente de la piste elle-même, ajoutées à la force centrifuge sont autant de facteurs qui font du bobsleigh l’un des sports les plus rapides des J.O.

Africa Got Talent

Certains pourraient se demander ce qui pousse ces championnes d’athlétisme à se tourner vers un sport quasiment inconnu en Afrique. A cela, la championne du 100m haies Seun Adigun répond « Pourquoi pas ? » Elle pense que « rien n’est impossible » et que l’Afrique possède « tellement de talent ».

« Nous avons tellement de talent (en Afrique), nous pouvons avoir les ressources si nous rassemblons nos forces, nous avons la passion, la motivation, la détermination, la condition sportive, alors pourquoi pas ? »

Motivées à blocs, les jeunes femmes s’entrainent actuellement à Houston, aux Etats Unis. Si tout comme au Nigéria la neige n’y est pas fréquente, l’équipe ne se décourage pas pour autant. Elles ont d’ailleurs construit leur propre engin, en bois baptisé le « Maeflower » qu’elles poussent pour le moment sur une pelouse artificielle.

Mais les jeunes bobeuses ont été confrontées aux réalités financières. Le bobsled est un sport qui demande tout de même des moyens financiers importants. Pour les aider à réaliser leur rêve, elles ont ouvert un Gofundme. « En temps que meneuse je suis responsable d’une vaste majorité des dépenses de l’équipe », écrit Seun Adigun. Mais celle qui est à l’origine du projet explique qu’il est devenu difficile pour elle de couvrir toutes les dépenses. D’autant plus qu’elle est encore étudiante. Ainsi, les nouvelles bobeuses comptent sur la générosité des uns et des autres pour offrir au Nigéria, et à l’Afrique, ce cadeau.


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