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Egypte : Rencontre Trump – Sissi : Le président égyptien de retour à la Maison Blanche


Donald Trump dans Wisconsin Août 2016 © Eric Thayer / Reuters | Abdel Fattah Al-Sissi © AFP Photo

Actualité Égypte – Ce lundi 03 avril 2017, marque la rencontre à la maison blanche de Donald Trump et du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi. C’est la première rencontre officielle entre les deux hommes et une première entre les deux pays depuis quelques années.

Ce lundi, le président américain Donald Trump reçoit son homologue égyptien pour une séance de travail. Pour le nouveau locataire de la Maison blanche, la normalisation des rapports entre Washington et Le Caire est un impératif. Ces rapports comporteraient de nombreux enjeux bénéfiques pour les deux nations. Ainsi par cette rencontre, il entend renforcer les liens et la coopération, notamment dans le domaine militaire, les deux pays étant impliqués dans la lutte antiterrorisme.

Abdel Fattah al-Sissi quant à lui, se positionne dans la même vision que le chef de l’exécutif américain, lui qui n’avait pas été dans les bonnes grâces de l’ancien président américain Barack Obama. Du temps de ce dernier, les deux pays étaient allés jusqu’au gel de leurs relations diplomatiques et la suspension de l’aide octroyée par la puissance d’Amérique du Nord à son allié d’Afrique du Nord en 2013. C’est uniquement pour sa position stratégique et ses ressources militaires que l’administration Obama s’était ravisée. Cependant, aucune visite officielle à la Maison blanche n’avait été proposée au chef de l’état au cours de cette période.

Cette rencontre des deux chefs d’État marque donc un nouveau départ. Les deux hommes n’en sont pas pour autant à leur première rencontre. Ils s’étaient déjà rencontrés en septembre 2016, l’un en tant que candidat à la présidentielle, l’autre déjà président. Donald Trump s’était dit satisfait et avait dit le plus grand bien du chef d’état égyptien.

Couper le cordon avec l’administration Obama

La visite du président égyptien s’inscrit également dans la volonté manifeste de Donald Trump de définitivement marquer sa différence d’avec le mode de gestion de son prédécesseur démocrate. En effet, fortement critiqué et accusé d’abus et de non-respect des droits de l’homme, Washington avait comme installé un froid avec Le Caire, tant que de sérieux efforts et des mesures n’étaient pas pris pour améliorer la situation.

Donald Trump quant à lui, vient  normaliser les relations entre les deux pays. Le nouveau président américain ne tarit pas d’éloges pour son homologue et le travail accompli par celui-ci. L’administration Trump salue les mesures prises dans les domaines économique et militaire, notamment dans la lutte contre le terrorisme qui sévit dans la région.

Au-delà des civilités, la rencontre et le renouement d’excellentes relations diplomatiques entre les deux pays comportent de nombreux enjeux qui seront certainement au cœur des débats. Il s’agit d’une part, de la lutte contre le groupe terroriste l’Etat islamique, bien implanté dans de nombreuses régions maghrébines. D’autre part, le conflit israélo-palestinien avec l’esquisse de propositions. Mais aussi l’aide octroyée par les Etats-Unis à l’Égypte, qui représente un allié de choix dans la région, par sa position, et la puissance de son armée lourdement équipée.

Persona « non grata » pour les associations et ONG de défenses des droits de l’homme

L’engouement derrière la rencontre des hommes forts américain et égyptien n’est pas du gout de nombreuses associations. Ces dernières ont sévèrement critiqué l’administration américaine. En effet, le régime de Al-Sissi est accusé de nombreux abus, de non-respect de droits de l’homme, de torture,  et d’arrestations arbitraires. Sarah Margon, responsable de Human Rights Watch dans la capitale fédérale américaine s’est exprimée sur le sujet. Pour elle, « Inviter M. Sissi pour une visite officielle à Washington au moment où des dizaines de milliers d’Égyptiens croupissent en prison et où la torture est de nouveau à l’ordre du jour est une étrange façon de bâtir une relation stratégique stable ».

Cette visite devrait donner le ton sur la priorisation de la lutte contre les droits de l’homme pour la nouvelle administration américaine et le traitement qu’elle réserve aux dirigeants et régimes fichés et reconnus notoirement comme oppressifs et irrespectueux des droits humains.


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