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Afrique du Sud : Jacob Zuma, un leader controversé


Zuma scandales après scandales
Jacob Zuma, le président d’Afrique du Sud

Politique Afrique du Sud – Chaque nouveau mois soulève de nouveaux scandales pour Jacob Zuma, leader du parti ANC et président de l’Afrique du Sud. Retour sur la tourmente au cœur de laquelle il se trouve. 

Depuis plusieurs mois déjà, la liste de controverses et affaires de corruption dans lesquelles le président sud-africain Jacob Zuma est impliqué ne cesse de s’allonger, entachant ainsi sa crédibilité à la tête du pays. Le scandale de Nkandla a probablement été l’accélérateur de ces derniers mois. Le Président Zuma avait utilisé des fonds publics pour financer la rénovation de sa luxueuse résidence privée Nkandla.

Des scandales en continu, une crédibilité atteinte

Une condamnation par la Haute Cour de justice à rembourser l’argent public utilisé à tort n’aura pas suffi à apaiser l’ire de l’opposition. « Vous avez tous peur de lui, peur d’un homme qui est en train de détruire notre pays. Je ne perturbe rien du tout, mais je ne vais pas laisser un criminel s’exprimer devant le Parlement… », avait clamé Julius Malema, leader d’un parti de l’opposition, au cours d’une session parlementaire.

D’autres scandales ont continué d’éclabousser la réputation du Président sud-africain, en particulier l’affaire Gupta, dévoilée dans le rapport de l’ancienne médiatrice de la République Thuli Madonsela. Un rapport détaillé et approfondi qui a permis de faire la lumière sur les relations sulfureuses que le clan Zuma et la famille Gupta entretiennent. Corruption des membres du gouvernement et ingérence au plus haut sommet de l’État. Un rapport si compromettant que le Président Zuma avait tenté d’en empêcher la publication en saisissant la justice, avant de se raviser.

Une cote de popularité au plus bas, des soutiens de moins en moins nombreux

Le scandale Gupta aura probablement été l’affaire de trop ; les manifestations contre Jacob Zuma se sont accentuées dès lors. Chômage, frais de scolarité élevés, utilisations frauduleuses des fonds publics, inefficacité des mesures gouvernementales, etc. Les populations se mobilisent en masse sur les réseaux sociaux et dans la rue pour réclamer le départ du président Zuma, notamment après le limogeage de Pravin Gordhan, ancien ministre des Finances. Une décision qui a causé l’indignation au sein des deux camps, majorité et opposition. Des marches auxquelles Jacob Zuma semble n’accorder aucun crédit, affirmant même qu’il s’agit de « démonstrations racistes censées avoir disparu depuis 1994 ».

Le leader ne convainc plus, même au sein de son parti. Certains membres de l’ANC n’hésitent pas à remettre en question le leadership de leur président ; se demandant s’il incarne encore les valeurs du parti. Ndileka Mandela a publiquement retiré son soutien à Zuma et à l’ANC, estimant que la mémoire de son illustre grand-père était bafouée. Les anti-Zuma peuvent aussi compter sur le soutien de Desmond Tutu, ancien combattant de la lutte antiapartheid auprès de Nelson Mandela, indigné par la situation actuelle.

Bien que le discours officiel reste l’union du parti et qu’une partie de l’ANC demeure soudée derrière son leader, d’aucuns pensent qu’il s’agit d’un soutien de façade. En effet, certains membres de l’ANC seraient pour le départ de Zuma mais la mainmise de celui-ci serait tellement forte au sein du parti qu’ils préfèrent pour la plupart rester dans les rangs. Quant à ceux qui ont ouvertement affiché leur opposition au président, leur avenir au sein du parti demeure incertain. Une chose est sure, la succession de Jacob Zuma à la tête de l’ANC devra restaurer l’image de l’ANC et regagner la confiance de la classe politique et, surtout, de la population, qui a clairement exprimé son ras-le-bol.

 


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