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Egypte : L’état d’urgence décrété pour trois mois


Le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a déclaré l’état d’urgence © Aujourdhuilaturqui.com

Actualité Eypte – Dimanche 9 avril, l’Égypte connaissait un double attentat meurtrier. Suite aux évènements, le président Al-Sissi décrétait l’état d’urgence. Une décision soumise à l’appréciation du Parlement. Ce lundi, le Parlement égyptien a approuvé a l’unanimité l’état d’urgence pour une durée de trois mois. 

L’Égypte a connu un week-end sanglant. Deux explosions ont fait plus d’une quarantaine de morts dimanche. Des attentats très rapidement revendiqués par l’Etat islamique. 

Deux attentats suicides à Alexandrie et Tanta ont endeuillé le pays et surtout la communauté chrétienne copte. C’est un dimanche des Rameaux dont on se souviendra longtemps au sein de cette communauté. En effet, les deux explosions visaient deux églises coptes. La première explosion s’est produite dans l’église Saint-Georges à Tanta, dans le centre du delta du Nil. Une première bombe emportant une dizaine de personnes. C’est ensuite dans une deuxième église de la ville d’Alexandrie que la seconde explosion a eu lieu. Le bilan officiel fait état de 43 morts au total.  

Peu de temps après les attaques le Président Al Sissi déclarait l’état d’urgence sur toute l’étendue du territoire. Cependant pour être officiellement entérinée la décision devait être approuvée par le Parlement, selon la Constitution égyptienne. 

Un pas en arrière ?

Mais l’idée d’état d’urgence renvoie à de mauvais souvenirs pour les Égyptiens. Imposé pendant 30 ans sous Moubarack, l’état d’urgence équivaut pour certains aux restrictions des libertés individuelles. En effet, l’état d’urgence confère des pouvoirs exceptionnels aux autorités. Les forces de l’ordre notamment jouiront de plus grands pouvoirs concernant les arrestations ou détentions. Cette mesure exceptionnelle est vue pour les défenseurs des droits de l’homme comme la porte ouverte aux violations desdits droits. Aussi, l’armée prêtera main-forte à la police durant cette période.  

Dans un désir d’apaiser les tensions et calmer les différentes craintes le Premier ministre Shérif Ismaïl, s’est adressé au Parlement. Il a notamment expliqué que l’état d’urgence est à son avis, le moyen le plus efficient pour lutter contre les groupes terroristes. 

Le Parlement par la voix de son Président lui a donné raison. À circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. C’est ce qui ressort des propos d’Ali Abdelaal qui préside la Chambre des députés. Il a par ailleurs appelé chaque citoyen à veiller sur le pays. « La protection de cette nation dépend de chacun de nous », a-t-il déclaré. S’adressant particulièrement à la presse, il exige la plus grande attention dans le traitement de l’actualité. 

Hier soir, les critiques à l’égard du gouvernement se faisaient de plus en plus entendre au sein de la communauté chrétienne.


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