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Libye : Les migrants africains vendus dans des marchés d’esclaves


Actualité Libye – L’Agence des Nations Unies pour les migrations a déclaré mardi qu’un nombre croissant de migrants d’Afrique subsaharienne se font capturer en Libye, durant leur voyage vers l’Europe. Ils sont ensuite exposés dans des marchés d’esclaves avant d’être vendus, pris en otage ou soumis au travail forcé et à la prostitution.

Il s’agit principalement de migrants originaires d’Afrique de l’Ouest, du Nigeria, du Sénégal ou de la Gambie, entre autres. Ces derniers, à la recherche de conditions de vie meilleures en Europe, voyagent vers le nord de l’Afrique afin de rejoindre la Méditerranée où ils pourront prendre un bateau vers l’Italie.

Malheureusement, en plus des conditions de voyage périlleuses, les migrants africains passant par la Libye font désormais face à un nouveau danger : l’esclavage. La Libye étant la porte principale des Africains qui veulent se rendre clandestinement en Europe via la Méditerranée (environ 150.000 personnes tentent leur chance chaque année), un véritable trafic de migrants s’est organisé autour de cette main-d’œuvre potentielle.

L’esclavage, un nouveau business

C’est principalement dans la ville de Sabha en Libye, foyer des réseaux de contrebande de migrants, que les voyageurs clandestins se font appréhender par des groupes armés qui leur réclament de l’argent pour pouvoir continuer leur chemin. Certains d’entre eux se font enlever et sont forcés à travailler, parfois sans rémunération, dans le bâtiment ou dans les champs.

D’autres sont gardés en otage par centaines dans des maisons ou des garages en échange de rançons demandées à leur famille restée dans leur pays d’origine. Il arrive que les migrants dont les familles ne sont pas capables de payer les rançons soient assassinés ou affamés jusqu’à la mort ; les plus chanceux sont relâchés.

Enfin, selon Othman Belbeisi, chef de la mission de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) en Libye, une autre partie des migrants capturés est vendue dans des marchés d’esclaves à des prix allant de 200$ à 500$ (entre 124.000 et 310.000 FCFA).

Il a expliqué que «les migrants y sont vendus comme des matières premières […] vendre des Hommes devient une pratique courante chez les contrebandiers depuis que les réseaux de contrebande en Libye gagnent en puissance». Il a rajouté qu’en ce qui concerne les femmes, ces dernières sont victimes de «mauvais traitements, viols et sont forcées à se prostituer. »

Malheureusement, il s’agit d’un phénomène qui prend de l’ampleur et qui est à l’origine de la mort de nombreux migrants ; le Directeur des Opérations et de l’urgence au sein de l’OIM, Mohamed Abdiker, a précisé : «ce que nous savons c’est que les migrants qui tombent dans les mains des contrebandiers sont systématiquement victimes de malnutrition, abus sexuels et même de meurtre […] nous entendons même parler de l’existence de fosses communes dans le désert.»

 


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