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Afrique du Sud : Une toile représentant Zuma abusant sexuellement Mandela crée la polémique


Ayanda Mabulu, l’auteur du tableau controversé | Cornell Tukiri

Actualité Afrique du Sud – Une toile sur laquelle on peut apercevoir le président Jacob Zuma, abuser sexuellement de la figure emblématique Nelson Mandela fait polémique. Derrière cette œuvre l’artiste Ayanda Mubulu, familier de ce genre de peinture controversée.

La nouvelle peinture de l’artiste polémiste Ayanda Mubulu n’est pas passée inaperçue en Afrique du Sud. Depuis quelques jours, elle alimente les débats et suscite de nombreuses réactions. En effet, cette œuvre met en scène l’actuel président de la République, Jacob Zuma, abusant sexuellement de Nelson Mandela.

 

La peinture a été publiée sur la page Facebook de son auteur Ayanda Mubulu, jeudi 20 avril 2017. Elle a immédiatement enflammé ses fans. Les réactions sur la toile se sont montrées partagées. D’une part, ceux qui ont clairement exprimé leur dégout. D’autre part, ceux qui, moins nombreux, partagent la démarche de Mubulu et l’encouragent. Ce dernier s’est d’ailleurs exprimé sur la radio Cape Talk . « Le message de la peinture est simple et clair : le pays et tout ce pour quoi on s’est battu (…) est constamment violé, par notre violeur de président » a-t-il déclaré.

Les politiques ne sont pas restés de marbre devant cette œuvre. Dans un communiqué, l’ANC, parti de l’ancienne icône de l’apartheid et de Zuma, a marqué son désaveu face à ce travail. « Bien que nous respections la liberté d’expression de Mabulu, nous trouvons son travail grotesque, incendiaire et de mauvais goût », a-t-on pu lire dans ladite publication. La fondation Nelson Mandela a aussi exprimé son indignation. Elle a qualifié la toile de Mubulu de « désagréable »

Une toile représentative de la situation sociale et politique du pays

Derrière cette œuvre controversée, l’artiste a tenu à représenter la situation sociale et politique de son pays. En effet, le congrès national africain (ANC) et le pouvoir de Zuma sont désormais loin d’avoir tenu les promesses postapartheid. Les accusations de corruption se multiplient contre le président dont l’impopularité est grandissante. En début avril une vague de contestations avait été observée. Les manifestants réclamaient ni plus ni moins que le départ du président.

De plus, en refusant que le président Zuma n’assiste aux obsèques de l’ancien compagnon de Nelson Mandela, Ahmed Kathrada mort le 28 mars 2017 à Johannesburg, la famille a clairement montré l’hostilité qui règne désormais entre une frange de la population et le président sud-Africain. Autre épisode de ce malaise, la décision de Ndileka Mandela, petite fille de Nelson de ne pas soutenir le parti de son grand-père pendant les prochaines élections. Pour cette dernière , l’ANC ne représente plus les valeurs défendues de «Madiba».

Au sein du parti, la situation est également chaotique. De nombreuses dissensions minent désormais le parti au pouvoir proche d’une scission. En effet, de nombreux cadres ne se retrouvent plus dans la gestion de Jacob Zuma et ses décisions sont de plus en plus contestées. L’éviction de son ministre des finances Parvin Gordhan n’a pas arrangé les choses. Bien que les responsables du parti aient appelé à l’union et à la solidarité, à l’intérieur du parti les tensions demeurent. D’ailleurs, l’ex-ministre des Finances avait mis en garde ses pairs sur les conséquences de cette désunion.

Ayanda Mubulu , le peintre engagé aux toiles controversées

Ainsi, c’est un malaise palpable qui a été mis en peinture par Ayanda Mubulu. L’artiste engagé a souvent utilisé son art pour mettre en lumière les travers politiques nationaux ou internationaux. Sous son pinceau, de nombreuses figures politiques ou religieuses, comme Zuma , Desmond Tutu , le pape, George Bush ou encore Barack Obama, en ont pris pour leur grade.

En octobre 2015, il présentait une toile intitulée « le pouvoir de la pornographie »,  qui avait également fait scandale . Cette peinture mettait encore en scène Zuma , qui abusait d’une jeune femme .interrogé au sujet de cette toile , l’auteur avait alors déclaré :« La peinture n’a rien à voir avec le pénis du président, mais il s’agit de pouvoir. Ce qui me dérange c’est les valeurs selon lesquelles il gouverne. Ce qu’il fait à notre pays. La jeune femme dans cette peinture est en train d’être dépouillée par l’ANC. Notre pays est en train d’être mis a sac par l’ANC.»

 

 


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