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Uber en Afrique : une expansion limitée par l’insécurité et l’opposition des taxis


Les conducteurs de taxis de Cape Town protestent contre Uber (2015)
Les conducteurs de taxis de Cape Town protestent contre Uber (2015)

Actualité Afrique – Uber a connu une expansion importante en Afrique au cours des derniers mois. Présente dans 15 villes africaines, la compagnie américaine entend s’imposer sur le continent noir. Cependant depuis le début 2017, la société est confrontée à une pression sans précédent. Leur principale opposition : les taxis.

Tout comme aux États-Unis ou en Europe, Uber s’est retrouvé au centre de la controverse depuis son arrivée en Afrique. En mars, les chauffeurs de taxi en Afrique du Sud ont protesté contre l’entreprise en bloquant les routes de l’aéroport, tandis que les conducteurs au Kenya ont été attaqués et des voitures incendiées. À Casablanca, les conducteurs de taxis ont lancé une opération de boycott de l’application mobile du géant américain.

La bataille Uber vs Taxis

Selon Samantha Allenberg le responsable des communications d’Uber pour l’Afrique il ne s’agit pas « d’Uber ou Taxi », mais plutôt « d’Uber et Taxi ».

« Notre technologie est ouverte et pro-choix et nous sommes désireux de l’offrir à un grand nombre de chauffeurs de taxi pour augmenter leurs taux d’occupation et leurs chances de profit »

Les chauffeurs de taxi traditionnels semblent ne pas être d’accord, mais Uber est contraint à négocier avec les régulateurs locaux. Uber doit travailler avec des organismes de réglementation qui soutiennent des idées technologiques novatrices.

En janvier, les conducteurs d’Uber de Casablanca se sont fait piéger à maintes reprises par des chauffeurs de taxi. Les requêtes reçues sur leurs smartphones étaient en réalité des canulars afin de harceler les chauffeurs Uber et de les rendre à la police. En Afrique du Sud plusieurs cas de voitures incendiées ont été enregistrés. Il y a clairement une opposition à l’implantation d’Uber, les taxis sentent leur business menacé.

Uber s’adapte au marché africain

La société a changé ses pratiques commerciales face aux réalités locales en Afrique du Sud ou encore au Kenya. Uber a introduit des paiements en espèces au Kenya. La collecte des données sur les conducteurs en Afrique du Sud, au Kenya et au Nigéria les aide à bénéficier de financement pour des véhicules. Le mois dernier, Uber a lancé un système de sécurité en Afrique du Sud et en Égypte qui utilise des selfies pour identifier les conducteurs.

Selon Allenberg le marche africain est passionant car « L’Afrique possède les villes les plus dynamiques au monde ». En effet, la Tanzanie et le Ghana sont en tete au niveau mondial en terme de croissance de propriété automobile. Uber compte plus de 60.000 conducteurs en Afrique, la compagnie y détecte un énorme potentiel.

Cependant la société américaine n’est pas seule à détecter ce potentiel. En effet, Uber est confrontée à une concurrence de taille en Afrique, comme partout dans le monde où elle opère. Taxify a été lancé dans plusieurs pays africains, tandis que Zebra Cabs a récemment recueilli 21 millions $ pour s’établir. Au Kenya, l’opérateur mobile Safaricom a lancé Little Cabs, qui a l’avantage majeur d’utiliser système mobile money M-Pesa de Safaricom. En Côte d’Ivoire, où Uber va bientôt s’installer, des services comme Africab, ou Taxijet sont déjà bien établis. Comment faire face à la compétition en Afrique quand la loi du plus fort reste le mot d’ordre en business ?


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