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L’infertilité en Afrique affecte près de 30% des couples : les 5 principales causes


L’infertilité en Afrique, image d'une femme enceinte
Crédit Photo: Flickr, Trevor Davies

Santé Afrique – L’infertilité en Afrique, ce sujet tabou devient au fil des années une vraie question de santé publique. Si les autorités n’en ont pas pour le moment fait une priorité, les couples africains commencent à prendre leur sort en main. En effet, près de 30% des couples sur le continent ont des difficultés pour procréer, faisant de l’Afrique le continent avec le taux d’infertilité le plus élevé. Comment ce problème est-il vécu sur un continent pourtant en surnatalité ?

Pour Dr. Ernestine Gwet Bell directrice de la clinique Odyssee de Douala, gynécologue ayant permis la naissance du premier bébé éprouvette en Afrique centrale, l’infertilité a toujours existé. Cependant les causes ont changé tout en entrainant une augmentation des cas.

Les causes principales de l’infertilité en Afrique

D’après Dr Gwet Bell , les principales causes de l’infertilité en Afrique sont les suivantes:

1- Les maladies sexuellement transmissibles (MST)

 Les MST sont liées au changement du mode de vie (rapports sexuels précoces, nombre de partenaires, etc.). Par exemple, les infections à chlamydiae sont connues pour être à l’origine de nombreux problèmes chez les femmes et les hommes. Cette MST peut potentiellement entrainer des dégâts tubaires et détruire le sperme des hommes.

2- Les trompes de Fallope bouchées

Souvent le résultat de MST non traitées, lorsque les trompes sont bouchées la fécondation ne peut pas se produire. La rencontre entre spermatozoïdes et ovocytes ne peut avoir lieu a cause de cette obstruction.

3- Les fibromes

« Les femmes noires ont beaucoup de fibromes, mais tous les fibromes n’empêchent pas de tomber enceinte. L’opération pour enlever les fibromes peut par contre entrainer des adhésions qui bouchent les trompes » a déclaré Dr Gwell Bell sur le plateau du Débat Africain de RFI.

4- L’endométriose

On parle d’endométriose lorsque le sang des règles est évacué vers les trompes et passe dans le ventre. L’endométriose n’est pas une maladie en elle-même mais devient une cause d’infertilité de par ses manifestations.  Les formes sévères causent des adhésions majeures qui jouent un grand rôle dans la stérilité féminine.

5- Les causes hormonales

Le dérèglement hormonal joue aussi un grand rôle dans l’infertilité car dans certains cas il interfère avec l’ovulation. Certains produits dépigmentants peuvent entraîner des dérèglements hormonaux.

Le GIERAF, a la recherche de solutions

Le GIERAF, Groupe Interafricain d’études de Recherche Application Fertilité établi en 2009 à Lomé lutte pour la prévention et le traitement de l’infertilité sur le continent. Selon une Étude du GIERAF, les statistiques de l’infertilité sont réparties ainsi :

30 % des cas causés par la femme :  46% de ces femmes ont les trompes bouchées, (soit 3 fois plus que dans le reste du monde), 15% ont des fibromes, 14% ont des dérèglements hormonaux, 8% souffrent  d’’endometriose.

30 % des cas causés par l’homme : La polygamie en Afrique a permis d’ouvrir les yeux sur l’infertilité masculine et de plus en plus d’hommes se font traiter. Un spermogramme permet d’identifier les causes de l’infertilité chez les hommes.

30 % des cas impliquent les deux

10 % des cas restent sans explication

Coût des traitements en Afrique

Contrairement à l’idée générale reçue, l’infertilité se traite en Afrique, beaucoup de centres authentifiés par le GIERAF sont présents sur le continent et permettent à de nombreux africains de réaliser leur rêve de devenir parent. La clinique Odyssée de Dr. Gwet Bell, ou encore la clinique Procréa à Abidjan multiplient les cas de succès de fécondation in vitro. Beaucoup d’autres cliniques, notamment au Mali ou en Guinée Conakry ont aussi énormément de succès, les africains peuvent donc se soigner chez eux et à des coûts bien moins élevés qu’en occident (car voyager implique des dépenses extra)

En moyenne les coûts sont répartis ainsi :

-Une insémination intra-utérine 50.000 à 150.000 FCFA

-Fécondation in vitro classique 750.000 à 1.000.000 FCFA

-Micro-injections 1.500.000 à 2.000.000 FCFA

L’infertilité se soigne bien mieux qu’avant. Cependant, l’Afrique manque de prévention, les cas sont diagnostiqués trop tard. La prévention et l’hygiène sexuelle peuvent permettre d’éviter les problèmes tubaires. Les gouvernements africains gagneraient à investir au moins dans la prévention des causes en renforçant l’importance de l’éducation sexuelle. Sur le long terme un partenariat avec ces cliniques privées pourraient faciliter l’accès aux centres de fertilité.

Sources :

RFI Le Debat Africain

Site officiel du GIERAF


1 Comment on this Post

  1. Otsoutoumou

    On m’appelle otsoutoumou Evariste.j’ai 54 ans aujourd’hui. Je suis père de deux enfants. Le dernier à 23 ans.mon souci est que depuis plus de 20 ans, je n’ pas de sperme et je ne bande jamais. Peut on trouver de solutions à votre niveau ? Avez-vous déjà de tel cas?

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