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Afrique : l’accès à l’internet connaît de léger progrès


L’organisation « Alliance pour un Internet abordable » estime de l’accès à l’internet connaît des progrès sur le continent.

L’internet en Afrique est marqué par un important retard de développement, et un accès à un réseau lent. Selon le rapport de 2017 sur l’accessibilité de l’internet dans le monde, Alliance For Affordable Internet conclut que l’Afrique, malgré une légère amélioration, affiche toujours les conditions d’accès à Internet les plus difficiles dans le monde.

Lancée à Abuja (Nigeria), l’organisation affiche toujours l’ambition de faire passer le coût de connexion à internet dans le monde sous la barre des 5 % du revenu mensuel moyen de chaque pays, un objectif déjà affiché par l’ONU. D’après les chiffres officiels, 39 % de la population mondiale est connectée à internet. Une réalité contrastée, car 77 % habitent dans les pays développés et bénéficient d’une connexion internet à un coût raisonnable contre 31 % dans les pays émergents. En Afrique, seulement 16 % de la population est connectée.

 Sur les 58 pays, objet du rapport d’étude, ne figurent que 28 nations africaines parmi lesquelles se démarquent dix qui affichent un niveau d’accessibilité internet supérieur ou intermédiaire.

Le niveau d’accessibilité n’est pas évalué en fonction du prix de l’accès à internet, mais selon l’infrastructure TIC déployée ainsi que le cadre politique en place pour encourager son extension, et le taux actuel d’adoption du haut débit ainsi que le cadre politique en place pour permettre un accès équitable.

Pour les auteurs du rapport « le vrai frein, aujourd’hui, ce sont les politiques et les lois qui empêchent la concurrence et qui maintiennent les prix à un niveau inabordable ».

En Afrique, comme toujours, l’ile Maurice conserve son titre de nation africaine la mieux préparée en matière de TIC et d’internet. Le pays est celui qui offre la meilleure accessibilité internet sur le continent.

Après l’île Maurice, suivent le Maroc puis le Nigeria. Le Botswana est 4e. Le pays a amélioré et simplifié le régime de licence multiservice tout en garantissant la neutralité des technologies et services. Il a aussi lancé le Wi-Fi public.

Le Botswana et le Bénin en 23e et 29e du classement

Grâce à ces actions, la nation est passée de la 23e place, dans le classement 2016 de l’Alliance for Affordable Internet, pour la 15e place actuelle.

Bien que d’autres réformes soient nécessaires pour parvenir à un cadre unifié de licence, il représente un pas dans la bonne direction. « Au cours des dernières années, le Botswana a mis en place une stratégie efficace, financée par l’US Air Force (USAF) pour permettre l’accès internet à sa population, principalement grâce à l’utilisation des hotspots WiFi publics. Les fonds provenant du pays USAF (créé en 2014) ont facilité la fourniture de points d’accès WiFi dans 31 sites (par exemple, les hôpitaux, les arrêts de bus, taxis, centres commerciaux) dans sept villes », analysent les auteurs du rapport, qui ont fait du Botswana une étude de cas pour leurs recommandations.

Le Wi-Fi a été adopté pour contourner les problèmes géographiques que rencontre le déploiement de la fibre optique et faciliter la connexion des populations. En effet, dans plusieurs pays d’Afrique, la fibre optique qui doit améliorer la connectivité des populations est en cours de déploiement. Elle couvre encore difficilement tout le pays et l’accès aux tronçons déjà actifs reste limité pour une très grande partie de la population.

Après le Botwsana, suivent la Côte d’Ivoire, le Rwanda, l’Afrique du Sud, le Ghana et le Bénin. Ce dernier a également amélioré son environnement télécoms et est passé de la 38e place mondiale en 2016 à la 29e en 2017.Cette hausse est due non pas à la mise en place d’une réforme majeure unique, mais au simple fait, par exemple, que le régulateur donne plus d’informations sur les règlements et décisions, sur la transparence des tarifs. Il est également à noter les efforts supplémentaires demandés aux opérateurs afin de fournir une meilleure qualité des services.

Quant au Kenya, il occupe le 10e rang. D’après l’Alliance for Affordable Internet, des mesures politiques en faveur de l’internet ne doivent plus seulement rester sur papier, elles doivent être mises en oeuvre.

En conclusion, ce que l’on retient est qu’il n’y a pas de stratégie unique. Le projet porté par l’Alliance pour un internet abordable représente certes une opportunité pour les géants du Net d’atteindre de nouveaux marchés, mais c’est aussi l’occasion pour le grand public de se saisir des questions inhérentes aux droits.

 


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