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Burkina Faso : Compaoré et ses ministres devant la justice


président Blaise Compaoré
 Blaise Compaoré , Ex président du Burkina Faso En visite à l’Elysée  à Paris, France, 18 Septembre 2012. EPA/IAN LANGSDON

Actualité Burkina Faso – Ce jeudi 4 mai 2017 s’ouvre à Ouagadougou, le procès de l’ancien président Blaise Compaoré et 31 de ses anciens ministres. Ces derniers comparaissent devant la haute cour de justice pour leur rôle dans l’insurrection d’octobre 2014. Les six ministres en exil, ainsi que l’ancien président seront jugés par contumace.

L’ancien président du Burkina Faso, Blaise Compaoré et 31 de ses ministres comparaissent ce jeudi devant la haute cour de justice à Ouagadougou. Les 32 hommes politiques burkinabés sont poursuivis pour « complicité d’homicide volontaire et complicité de coups et blessures volontaires ». En effet, à l’issue du Conseil extraordinaire des ministres du 29 octobre 2014, Compaoré , soutenu par ses ministres , avait pris la décision de faire appel à l’armée, pour réprimer l’insurrection naissante. L’armée aurait alors usé de balles réelles contre les manifestants causant la mort de 8 personnes et de 88 blessés.

Dans le box des accusés sept absents, six ministres en exil et l’ancien président Compaoré. Ce dernier comparait comme ministre de la Défense, une fonction qu’il occupait cumulativement avec celle de président de la République. L’ancien homme fort du Burkina Faso vit en exil en Côte d’Ivoire. Il a d’ailleurs pris la nationalité ivoirienne. Ce qui ne le met pourtant pas à l’abri de la justice. En effet, en cas de condamnation, les autorités burkinabés pourraient réclamer son extradition.

La semaine dernière, 25 des ministres accusés avaient le déplacement pour le tribunal. Le général Gilbert Diendéré, ancien chef d’état-major, qui comparaîtra en tant que témoin dans cette affaire ,était également présent.

Un procès attendu et déjà reporté la semaine dernière.

La semaine dernière, le procès avait été reporté. En effet, le président du tribunal, le député Mathieu Bebrigda Ouedradrogo avait donné une suite favorable à une demande de report. Cette dernière avait été émise par le bâtonnier, Me Mamadou Savadogo. Il sollicitait un report du procès pour permettre à l’ensemble des avocats d’assister à la rentrée solennelle du barreau, les 27 et 28 avril dernier. La haute cour avait finalement statué pour un report pour le 4 mai.

Par ailleurs, les avocats de la défense réclamaient eux un report au 11. Ces derniers soutenaient n’avoir pris connaissance du dossier que deux jours avant. Ainsi, la décision de report prise par la haute cour de justice visait également à leur accorder un délai supplémentaire.

Dans la capitale burkinabé, les nombreuses victimes attendent avec impatience l’issue de ce procès. Depuis la révolution qui avait entraîné la chute de Compaoré, ils attendent que justice soit faite. Pour Luc Ibriga, juriste, président du Forum de citoyennes et citoyens de l’alternance, ce procès est celui de la responsabilité politique et de la reddition des comptes. « […] ceux qui ont choisi de faire passer leur projet de révision de la Constitution par la force aujourd’hui ont à rendre compte des décisions qu’ils ont prises. C’est un grand moment, un moment symbolique de la responsabilité politique et de l’importance de la reddition des comptes. Les Burkinabés s’en souviendront. » A-t-il déclaré . Le pays attend désormais le verdict de ce procès, qui devra durer deux semaines.

 


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