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Sibeth Ndiaye : les yeux et les oreilles d’Emmanuel Macron


Portrait Sibeth Ndiaye – Pendant la récente présidentielle Française de 2017, tout le monde a remarqué la présence permanente et rapprochée d’une jeune femme afro descendante autour du candidat Emmanuel Macron. Une présence d’autant plus remarquable qu’elle était la seule personne de couleur de cette équipe de campagne.

Mais ce critère de couleur de peau n’a été déterminant, ni pour la repousser et encore moins pour accepter cette jeune Franco-Sénégalaise dans l’entourage du candidat d’« En Marche ».  En revanche, elle doit son succès et son parcours, nous le savons désormais, à son intelligence, à son professionnalisme, à son militantisme et à la confiance en soi. Pour cela, nous livrons ici un portrait lacunaire de la séduisante Sibeth Ndiaye, une jeune dame de fer derrière Emmanuel Macron.

Origines de Sibeth Ndiaye    

Née il y a 37 ans à Dakar, au Sénégal, de père sénégalais et de mère togolaise, Sibeth Ndiaye vient d’une famille ordinaire. En langue Diola, parlée aussi bien au Sénégal, en Guinée-Bissau qu’au Togo, le prénom Sibeth signifie « qui a gagné beaucoup de combats ». Elle parle couramment la langue Wolof. Elle est mère de trois enfants.

« Une grande partie de ma famille réside au Sénégal, en particulier l’aînée de mes trois sœurs. Les autres vivent dans d’autres pays d’Afrique de l’ouest, au Togo dont est issue ma mère, et au Nigéria », a-t-elle confié dans l’interview accordée à «?’Jeune Afrique?»’. Faut-il ajouter que Sibeth Ndiaye vient d’une famille militante. Son père a participé à la création du Parti Africain de l’Indépendance avant de rejoindre le Parti Démocratique Sénégalais. Sa défunte mère, quant à elle, a présidé le Conseil Constitutionnel. Enfin, Sibeth parle chaque fois de la confiance. C’est le mot-clé de son savoir-être et de son savoir-faire. Et pour cause, ses parents ont toujours su lui faire confiance.

La confiance comme le moteur de la machine Sibeth Ndiaye

Comme un héritage familial, la Franco-Sénégalaise a un rapport sacré à la confiance. Avoir confiance en soi est le principal catalyseur de sa façon d’être et sa façon de travailler. « Mes parents m’ont toujours fait confiance », dit-elle dans le documentaire « Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire » diffusé le 8 mai par le journal Le Monde.

Le sens du professionnalisme de Sibeth étonne à plus d’un titre. Mais le plus remarquable est dans le lien de complicité et de confiance qu’elle a avec son candidat. Elle est ses yeux et ses oreilles. Sibeth régule les relations de la presse avec le candidat, et le conseille s’il le faut.  Comme entraînée dans un mouvement balancier, elle est entre maîtrise de soi devant les difficultés ou le caractère, c’est-à-dire l’affirmation de soi face aux autres. Sans hésitation, elle ne se retient pas d’affronter les journalistes afin que la communication du candidat (son obsession à elle) réussisse.

Elle n’hésite pas non plus à échanger directement ou par SMS avec Macron, pour l’informer, l’alerter ou pour ajuster quelques détails. Elle débriefe prestations et débats pour rendre son candidat chaque jour meilleur. Macron ne laisse passer aucune info venant de Sibeth. Il faut le dire, Brigitte Macron et Sibeth Ndiaye sont les deux femmes vers qui Emmanuel Macron se tourne en premier après chacune de ses communications pour en tirer les meilleures impressions. Ce professionnalisme est l’œuvre d’un parcours.

Le parcours de Sibeth Ndiaye

La chargée de communication et relation avec la presse du Président Macron est passée par l’UNEF, puis par la Mutuelle des Etudiants dans la tendance Refondation syndicale, mouvement proche des Amis de Dominique Strauss-Kahn. Après la surprenante élimination de Lionel Jospin à la présidentielle de 2002, elle décide de prendre sa carte du Parti Socialiste. Quelques années plus tard, vu sa qualité de travail et son implication dans ce parti, elle est nommée en 2009, Secrétaire Nationale en charge de la Petite Enfance, souligne « Les Échos ».

Mlle Ndiaye évolue sous l’ombre des habitués de la politique française depuis près d’une décennie. Elle fait ses premiers pas auprès de Claude Bartolone, président du Conseil Général de Seine-Saint-Denis, en intégrant son service de presse. Cette expérience, lui permettra quelques années plus tard de se hisser au sommet de l’État, à Bercy. Sibeth gère la relation presse d’Arnaud Montebourg, à l’époque Ministre du Redressement productif, puis de l’Economie. C’est dans ce milieu qu’elle fait la connaissance de Macron, jeune comme elle et énarque, fraichement nommé en remplacement de Montebourg.

Sibeth Ndiaye au cœur du mouvement « En Marche »

Chemin faisant, elle a été d’abord séduite par la philosophie d’Emmanuel Macron qui dit ces mots d’entrée de jeu à son équipe : « Ne venez jamais me dire qu’on ne peut pas faire telle ou telle chose parce que l’on ne l’a jamais fait auparavant », envie de liberté pour explorer les impossibles. Ensuite, elle adhère à la démarche politique du jeune politicien qui sonne la volonté de sortir de carcans idéologiques gauche droite et imprimer sa liberté : « Transcender les clivages partisans existants », « …essayer autre chose », et surtout « le sentiment que les appareils existants ne réfléchissent plus sur le monde et ses évolutions ». De cette vision et de ces soutiens est né le 6 avril 2016, le mouvement « En Marche ».

Les deux complices partagent également une passion pour la Langue française, comme elle le témoigne ici : « Je me rappelle toujours avec émotion qu’au décès de ma mère, il avait eu la délicatesse de m’offrir un livre de Roland Barthes “Journal de Deuil ”. Il m’a servi de livre de chevet pendant de longs mois ». Ce livre de l’auteur de «?Le plaisir du texte?» relate le désastre que cause la mort d’une mère, en 1977.

Sibeth Ndiaye n’est donc plus assez discrète pour ne pas attirer notre attention ni assez ordinaire pour ne pas donner envie de la voir arriver plus loin au sommet de l’État.

 


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