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Gabon : deux enquêtes ouvertes à Libreville contre l’homme d’affaires Guido Santullo


Ali Bongo Ondimba et Guido Santullo, lors de l’inauguration du pont sur la Banio, le 20 juin 2014
Ali Bongo Ondimba et Guido Santullo, lors de l’inauguration du pont sur la Banio, le 20 juin 2014. © DCP-Gabon

 Après les sorties fracassantes du patron de Sericom Gabon dans la presse locale exigeant de l’État gabonais le règlement de marchés qu’il aurait réalisé, le parquet de Libreville a réagi par l’ouverture de deux enquêtes sur l’attribution des marchés publics à son groupe.

Le parquet de Libreville veut voir plus clair dans les conditions d’attribution des marchés publics à l’entreprise Sericom Gabon. En conflit ouvert avec le gouvernement, Guido Santullo est régulièrement accusé par la presse locale, souvent proche du pouvoir, d’avoir outrageusement surfacturé les marchés publics dont son entreprise a bénéficié.

Les autorités judiciaires ont donc décidé d’ouvrir deux enquêtes pour faire la lumière sur les conditions d’attribution des marchés publics à Sericom Gabon et tenter de découvrir si l’État gabonais a été floué.

Dans une longue interview accordée le 14 avril à l’hebdomadaire Échos du Nord, Guido Santullo s’était défendu de toute surfacturation et réclamait les sommes dues par l’État à son entreprise. Il révélait par ailleurs que certains marchés lui avaient été attribués sans appel d’offres et grâce à l’intervention personnelle du président gabonais Ali Bongo qu’il n’a pas manqué de menacer.

« Il faut qu’Ali Bongo trouve une solution pour me payer, sinon je lui fais la guerre toute la vie ! Tous les jours, j’ai un bifteck chez moi. J’ai travaillé toute ma vie. Je suis à la retraite depuis l’âge de soixante ans. Il voulait me faire contrôler fiscalement. Pourquoi ? Je ne suis pas résident au Gabon. J’y vais dix jours par mois. J’ai ma résidence en Suisse. Je paie mes impôts en France. Je paie mes impôts en Suisse. Pourquoi devrais-je payer les impôts au Gabon ? Alors, tout ce qu’il est en train de faire c’est de l’escroquerie. Il a intérêt à me payer, sinon je le mettrai à genou ! », avait-il alors déclaré.


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