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Gabon : la BGD, en crise, placée sous administration provisoire


Les bureaux de la BGD à Franceville (Gabon)
Les bureaux de la BGD à Franceville (Gabon) – © bgd-gabon.com

News Gabon – (Libreville) – La Banque gabonaise de développement (BGD), l’une des 3 banques publiques du Gabon, a été placée sous administration provisoire par la commission bancaire (COBAC). Un administrateur provisoire va être nommé par le régulateur bancaire.

Plongée dans une grave crise et confrontée à une gestion sous le feu des critiques, la BGD semble au bord de la faillite. Pour éviter le pire, la BEAC a décidé d’intervenir. Ainsi la décision COBAC D-2017/096 met sous administration provisoire la BGD.

Un plan de restructuration « incohérent et irréaliste »

Dans les motifs de cette décision on peut lire la COBAC « a constaté que la persistance des infractions et le non-respect des recommandations ainsi que des injonctions de commission bancaire résultent de la paralysie de l’organe délibérant de la BGD et sont imputables à l’incapacité des membres du conseil d’administration, à obtenir des actionnaires la réalisation des mesures attendues pour la recapitalisation de la BGD ».

Par ailleurs, la COBAC rappelle que le 10 novembre 2015, elle a demandé aux dirigeants de la BGD de lui présenter un plan de restructuration pour sauver l’entreprise. Cependant, le plan de sauvetage qui lui a été adressé, examiné le 9 mars 2016, était « incohérent et irréaliste ». En réponse, la COBAC a enjoint les dirigeants de la BGD de lui présenter un plan de restructuration « crédible » au plus tard le 31 mai 2016.

Cependant, malgré le sursis accordé par le COBAC, les dirigeants de la BGD n’ont pas présenté le plan de restructuration crédible attendu, déplorent les membres de la COBAC. Il a fallu une nouvelle injonction de la COBAC datée du 16 septembre 2016 pour que les dirigeants de la BGD concèdent à la présentation d’un nouveau plan de restructuration le 28 novembre 2016. Ce plan s’articulait principalement en 3 points :

  • La réorientation de la vision stratégique de la BGD ;
  • Le rétablissement de l’équilibre financier d’ici 2020 ;
  • La réduction des charges d’exploitation.

Des indicateurs toujours dans le rouge

Cependant en dépit de ce plan, la COBAC constate que les principaux indicateurs de la BGD demeurent particulièrement alarmants.

Ainsi, la COBAC s’inquiète de la baisse des dépôts collectés par le BGD de 43,5% et des crédits de 48,6%. La couverture des crédits n’est plus structurellement assurée et le portefeuille de crédits s’est « totalement dégradé ».

En outre le PNB de la banque a baissé de 60,6% rien qu’entre 2014 et 2015. La rentabilité d’exploitation n’est plus assurée selon le document de la COBAC tandis que les fonds propres de la banque sont négatifs.

Pour rappel, le BGD a un capital de 25,2 milliards FCFA détenu à 69% par l’État gabonais. Les autres actionnaires de la BGD sont l’agence française de développement (AFD), la BEAC et d’autres actionnaires minoritaires.


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