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Gabon : ces ministres empêtrés dans des grèves à répétition


Les ministres gabonais Mathias Otounga, Régis Immongault, Florentin Moussavou et Alexis Boutamba
Les ministres gabonais Mathias Otounga, Régis Immongault, Florentin Moussavou et Alexis Boutamba

News Gabon (Libreville) – Depuis la fin de l’élection présidentielle du 27 août 2016, le Gabon est secoué par de multiples grèves au sein de l’administration publique. Cependant, la récurrence des mouvements sociaux dans certains ministères interpelle sur la capacité des responsables de ces départements à créer les conditions d’un climat social apaisé.

L’éducation nationale, les régies financières, la santé, la justice, etc. Plus une semaine ne passe sans qu’on enregistre des grèves dans ces administrations.

Florentin Moussavou et les 6 mois de grève de la Conasysed

En grève depuis le mois de septembre 2016, les enseignants réunis au sein de la Convention nationale des syndicats du système éducation (Conasysed) ont fini par capituler après la décision du gouvernement d’interdire leur organisation. Cette accalmie obtenue grâce à une décision brutale du ministère de l’Intérieur (arrêté n°006/MISPDL de mars 2017), a permis la reprise des cours dans les établissements publics. Cependant, les élèves ont perdu pas moins de 6 mois de cours sur l’année scolaire 2016-2017.

Le ministre de l’Éducation nationale, Florentin Moussavou, a semblé être impuissant face aux syndicats au cours de ces 6 mois. L’une des rares actions à mettre à son actif est la saisine du ministre de l’Intérieur afin d’obtenir l’interdiction de la Conasysed pour « trouble manifeste à l’ordre public, entrave à la liberté du travail, violence et voie de fait».

Le silence de Régis Immongault et de Mathias Otounga

Autres ministères, autres grèves. Les ministères de l’Économie et du Budget qui assurent la tutelle des régies financières sont aussi à la peine. Malgré l’activisme visant à faire cesser les grèves dans ces centres financiers, les douaniers et les agents des impôts maintiennent leur mouvement.

Alors que les blocages persistent, le ministre Régis Immongault, pourtant friand des sorties médiatiques et son collègue du budget Mathias Otounga, brillent par leur silence. Cependant, les grèves dans les régies financières ont causé des retards dans le recouvrement des recettes publiques au moment même où l’État gabonais fait face à des difficultés financières.

Preuve s’il en est, l’édition 753 de l’hebdomadaire La Lettre du Continent, nous apprend que l’État gabonais aurait mis à contribution la banque privée BGFI Bank pour faire transiter des ressources publiques qui passent habituellement par le circuit du Trésor.

L’invisible Alexis Boutamba

Déjà en grève en novembre 2016, les magistrats gabonais sont de nouveau repartis au front. Malgré le service minimum qu’ils observent, le mouvement de grève est largement suivi.

Cette corporation qui par le passé n’était pas connue pour ses mouvements sociaux ne cesse désormais de s’illustrer par ces grèves. Les magistrats gabonais réclament principalement de meilleures conditions de travail. Ils estiment, en effet, qu’il n’est plus possible de rendre la justice au nom du peuple gabonais dans les conditions de vétusté des bâtiments qui abritent leurs services à Libreville et à l’intérieur du pays.

Le ministre de la justice, Alexis Boutamba, un temps membre du mouvement d’opposition Héritage & Modernité, semble subir la grève. Ce 18 mai, les magistrats grévistes ont menacé de déloger les agents du ministère de l’égalité des chances d’un bâtiment qu’ils considèrent être leur. En dépit de cela, le ministre de la Justice continue de demeurer très discret.


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