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L’Éthiopien Tedros Adhanom en pole position pour prendre les rênes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)


L’Éthiopien Tedros Adhanom élu à l'OMS
L’Éthiopien Tedros Adhanom prochainement à la tête de l’OMS ?

Actualité Afrique – Aujourd’hui s’ouvre à Genève l’Assemblée mondiale de la santé. Cette assemblée qui durera dix jours permettra d’élire le successeur de la Chinoise Margaret Chan à la tête de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). L’Ethiopien Tedros Adhanom fait office de favoris. Il pourrait devenir le premier africain à diriger l’instance internationale.

Margaret Chan achève ses deux mandats de cinq ans à la tête de l’agence onusienne. Pour lui succéder, trois candidats chevronnés sont en lice. Le Britannique David Nabarro et la Pakistanaise Sania Nishtar sont les deux challengers de l’Éthiopien Tedros Adhanom.

En janvier dernier, Tedros Adhanom avait remporté le vote du Conseil exécutif qui l’avait placé en tête des trois finalistes. Cependant, le vote qui aura lieu demain pourrait répondre à une dynamique différente. En effet, pour la première fois, ce sont les 194 membres de l’OMS qui éliront le nouveau directeur général de l’organisation.

Le CV impressionnant de Tedros Adhanom

Tedros Adhanom Ghebreyesus, de son patronyme complet, est un spécialiste du paludisme. Il a été ministre éthiopien de la Santé de 2005 à 2012 et a aussi été ministre des Affaires étrangères d’Éthiopie. Bien qu’il ne soit pas médecin, il peut cependant faire valoir une formation poussée en santé communautaire, ainsi qu’un master en immunologie. Il a présidé le Conseil du Fonds global contre le Sida, la tuberculose et le paludisme.

À la tête de la Santé de l’Éthiopie, il a œuvré à faire reculer la mortalité infantile et maternelle liée au VIH. La recette utilisée pour y parvenir est quelque peu très astucieuse. En effet, n’ayant pas assez de ressources, il a opté pour une méthode préventive en créant des postes de travailleurs de santé communautaire dans les zones rurales. Fort de son succès, le modèle a depuis été exporté à plusieurs autres pays africains.

De sacrés clients pour la gouvernance de l’OMS

Bien qu’ayant un CV impressionnant, le donnant favori de l’élection, ses deux challengers restent tout de même de sacrés clients. Le Britannique David Nabarro a près de 40 années d’expérience dans les arcanes onusiennes à faire valoir. C’est un homme de terrain qui a eu à gérer le Département d’intervention sanitaire en cas de crise (HAC). Il a été de toutes les actions durant les dernières épidémies d’Ebola. Quant à Sania Nishtar, intellectuelle et brillante, son manque d’expérience de gestion lui fait un peu défaut.

Des affaires ternissent l’image de Tedros Adhanom

Tedros Adhanom peut compter sur le soutien unanime des 54 pays de l’Union africaine ainsi que sur la Chine pour se faire élire. Cependant, des affaires le concernant pourraient jouer en sa défaveur. Il lui est reproché d’avoir dissimulé plusieurs crises de choléra (2006, 2009 et 2011) en les requalifiant de « diarrhées aiguës ». Un article du New York Times relatait récemment cette affaire.

À Genève, la diaspora éthiopienne s’est aussi levée pour manifester contre l’ancien ministre des Affaires étrangères à qui l’on reproche de n’avoir pas désapprouvé de multiples entraves aux droits de l’homme par le gouvernement du pays de la corne de l’Afrique. Sur Twitter, l’hashtag  #NoTedros4WHO fait figure de porte-voix de la communauté numérique éthiopienne contre l’élection de Tedros Adhanom à la tête de l’OMS.

 


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