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France : polémique autour du festival Nyansapo jugé raciste et « anti-blanc »


Affiche du festival NYANSAPO @ mwasicollectif.com

Actualité Africaine – Vendredi la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme a écrit un tweet accusant le collectif Mwasi d’organiser un festival « anti-blanc ». Organisé du 28 au 30 juillet, le festival « Nyansapo » est un événement européen afro-féministe militant qui a pour but de partager sous forme de quatre ateliers des sujets liés aux femmes noires ou dites afrodescandantes essentiellement dans la société actuelle.

La Mairie de Paris a tout de suite réagi aux tweets de la LICRA en affirmant que cet évènement devrait être interdit, ce qui a poussé de vives réactions des internautes. Certains crient au racisme anti-blanc tandis que d’autres accusent Anne Hidalgo, la mairesse de la ville de Paris, de ne pas assez maitriser les modalités de l’organisation.

Le collectif Mwasi ou le défenseur de l’afro-féministe

Le collectif Mwasi est une organisation d’afro-feministes militantes non mixtes qui valorisent leur afrodescendance en termes de valeurs et cultures. Crée en 2014, ces femmes noires et métisses luttent contre les injustices dont elles sont victimes. Leur champ d’action tourne autour des thèmes tels que la sexualité, la santé, la religion, des discriminations liées aux classes ou aux genres, mais surtout contre « l’institutionnalisation des dominations hétéropatriarcales dans le système capitaliste hégémonique blanc dans toute sa complexité ».

Le collectif Mwasi veut faire « respecter les identités de chacune et la liberté de se définir tel qu’elles le souhaitent. Encourager les Femmes noires à être actrices de leur émancipation et leur auto-détermination. Partager les connaissances, savoirs et expériences personnelles, montrer comment les oppressions liées au racisme, patriarcal, et capitalisme », peut-on lire sur le site du collectif. Ce dernier organise et participe à des manifestations, des marches, des tables rondes, des conférences, des ateliers éducatifs et des actions militantes au travers des vidéos, des blogs etc. Il organise cette année du 28 à l’un festival « Nyansapo » qui fait polémique depuis deux jours.

Un évènement organisé par des afro-féministes qui fait polémique

Sur le site web du collectif Mwasi les raisons de l’organisation d’un tel évènement sont détaillées. « Au sein de nos communautés et dans une société occidentale capitaliste et patriarcale, nous voulons faire entendre les voix des Noires africaines et afrodescendantes dans leur diversité, car notre afrofeminisme n’est pas un ensemble monolithique. C’est se réapproprier nos identités et notre image en tant que femmes noires ».

 Le collectif Mwasi affirme que le festival soit en partie organisé en non-mixité. Il semblerait que cela ne soit pas un festival « anti-blancs », car néanmoins quatre espaces distincts sont créés dont trois sont respectivement réservés aux femmes noires, aux personnes noires et aux femmes racisées, le quatrième sera ouvert à tous.

Le festival Nyansapo est un nouvel évènement « afro-féministe militant à l’échelle européenne » qui fait couler de l’encre et crée des réactions très vives non seulement auprès de la mairie de Paris, mais aussi auprès de nombreux internautes.

Les espaces ouverts à tous sont hébergés dans les locaux de la Générale Nord-Est dans le XIe arrondissement de Paris. Cette dernière est une coopérative artistique, politique et sociale. C’est à ce niveau que cela bloque puisque la Générale Nord-Est loue ses locaux à la mairie de Paris. Pour sa part, Anne Hidalgo « est attachée à la possibilité pour tous les Parisiens d’avoir accès à tous les évènements culturels ».

La Mairie et la LICRA demandent une annulation de ce festival jugé « anti-blancs »

C’est après une série de tweets d’Anne Hidalgo dans laquelle elle demande l’interdiction du festival et annonce vouloir saisir le préfet de police et de poursuivre les initiateurs de l’événement pour discrimination que la polémique a enflé. Son premier tweet est intervenu à la suite de la publication vendredi d’autres tweets de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA).

Dans le tweet il est écrit : « Festival interdit aux blancs », qui a directement interpellé la Mairie de Paris qui semblerait-il n’a pas pris le temps de vérifier que cette phrase ne s’appuie sur aucun extrait de la présentation du festival par les organisateurs. La LICRA pense néanmoins que ce festival devrait être interdit. « Il faut dire les choses clairement, un espace non mixte femmes noires, 80% du festival revient à une conséquence, si vous êtes un homme blanc, vous n’êtes pas autorisés aux ateliers.

En réponse à cette polémique, le collectif a tenu à rappeler que les ateliers de non-mixité se tiendront dans un cadre privé, la Mairie de Paris n’a donc aucun droit de les interdire. Il semblerait qu’Anne Hidalgo n’ait pas eu connaissance de ce détail, car elle a cru que l’intégralité des ateliers se déroulait dans les locaux de la Générale.

Ce qui lui a valu plusieurs railleries et des réactions négatives de la part des internautes. Le collectif pense que la faute revient à l’extrême droite qui instrumentalise ce festival. La réaction de la préfecture de police de Paris ce dimanche a été de préciser qu’elle n’a toujours pas été saisie pour cet évènement. Depuis le début de cette polémique, le hashtag « #JeSuisMwasi » a été lancé par les internautes pour soutenir le collectif.

 


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