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Cameroun : trois étudiants condamnés pour apologie du terrorisme à cause d’une blague par SMS


Un homme réclamant la libération de Fomusoh Ivo Feh. © amnesty international

News Cameroun – trois jeunes camerounais croupissent en prison depuis plus de deux ans à cause d’un SMS qu’ils se sont envoyés. Les autorités camerounaises ont estimé que le contenu du texto faisait l’apologie du terrorisme. Alors que leur procès en appel est fixé au 15 juin, les concernés continuent de clamer avoir simplement fait une blague. Plusieurs voix se sont levées dans tout le monde entier pour dénoncer ce qui paraît comme une entrave aux droits et libertés de ces étudiants. Amnesty International est montée au créneau. 

Un simple SMS écrit sur le ton de l’humour a eu raison de leur liberté. Fomusoh Ivo Feh, Afuh Nivelle et Azah Lévis Gob ont écopé d’une peine de 10 ans de prison chacun, par un tribunal militaire, pour avoir fait circuler une plaisanterie sur Boko Haram. L’instance juridique a condamné les trois étudiants pour «complicité d’insurrection» et de «non-dénonciation d’actes terroristes» le 2 novembre 2016.

Inculpés pour apologie du terrorisme par SMS

Boko Haram recrute des jeunes à partir de 14 ans. Conditions de recrutement : 4 matières au BAC, y compris la religion.

Ci-dessus le contenu du SMS que reçoit Fomusoh Ivo Feh en décembre 2014 d’une connaissance. Ce dernier voulait faire remarquer la difficulté de trouver du travail au Cameroun malgré les diplômes, affirmant sur le ton de l’amusement que même Boko Haram n’embauche personne désormais sans réussite aux examens. Ne se doutant pas que cette blague allait changer dramatiquement le cours de sa vie, Fomusoh Ivo Feh transfert le message à Afuh Nivelle qui à son tour le transmet naïvement à Azah Lévis Gob.

Englués plus de deux ans dans la machine judiciaire

C’était sans compter sur l’excès de zèle d’un de leurs enseignants qui a confisqué le téléphone d’un des jeunes acolytes quelques jours plus tard. Le professeur s’est empressé de montrer le SMS à la police de Limbé qui a alors procédé à l’arrestation des trois camarades. Le 14 janvier 2015, les malheureux étudiants ont été transférés à la prison centrale de Yaoundé. Le 3 mars 2015, ils ont été inculpés pour apologie du terrorisme. Leur procès n’a eu lieu qu’en novembre 2016.

Malgré le réquisitoire de leurs avocats soulignant le manque de pertinence des charges retenues contre les accusés, le tribunal militaire les a jugés coupables. Une peine lourde de conséquences pour leur avenir, puisque c’est 10 ans de leur jeune vie qu’ils devront passer derrière les barreaux. Leur procès en appel aura finalement lieu le 15 juin après avoir été repoussé à plusieurs reprises.

Amnesty International ne cesse de lancer des appels à leur libération

«Dans le cadre de la campagne Écrire pour les droits 2016 d’Amnesty International, plus de 310000 actions ont été menées par des personnes du monde entier pour demander la libération immédiate de Fomusoh Ivo Feh et de ses amis Afuh Nivelle Nfor et Azah Lévis Gob», a déclaré l’ONG sur son site internet le 24 mai dernier.

«Ces étudiants n’ont fait que partager une plaisanterie, et pourtant, avec cette déclaration de culpabilité et cette peine, ils pourraient passer dix ans derrière les barreaux et voir leurs perspectives d’avenir détruites. Ils sont toujours en prison et leur sort est incertain», a déclaré Alioune Tine, directeur régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale.

Plusieurs célébrités telles que l’ancien international camerounais, Patrick Mboma ou encore Richard Branson se sont joints aux 310000 personnes ayant écrit au président Paul Biya pour demander leur remise en liberté. Sur les réseaux sociaux aussi la campagne bat son plein.


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