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[Interview] Casimir Oyé Mba : « Oui, je pense qu’un dialogue avec Ali Bongo est nécessaire »


L'opposant et ancien premier ministre gabonais Casimir Oyé Mba
L’opposant et ancien premier ministre gabonais Casimir Oyé Mba

Opposant et ancien premier ministre d’Omar Bongo, Casimir Oyé Mba a été l’un des principaux soutiens du candidat Jean Ping lors de la présidentielle d’aout 2016. Pour permettre une « candidature unique » de l’opposition face au président sortant Ali Bongo, il avait retiré sa candidature à la présidentielle et s’était engagé dans la campagne aux côtés de Jean Ping.

Le 26 mai, face à la presse, il a lancé un appel au dialogue entre Ali Bongo et Jean Ping pour sortir de la crise politique. Dans cette interview exclusive accordée à africapostnews.com, Casimir Oyé Mba revient sur sa dernière déclaration, livre son opinion sur le récent dialogue organisé par Ali Bongo et aborde les questions relatives à l’avenir de l’opposition gabonaise.

Africapostnews : Le 26 mai, vous avez invité Jean Ping que vous avez soutenu et Ali Bongo à se parler. Cette position diffère de celle affichée jusque-là par votre coalition politique. Pourquoi pensez-vous que ce dialogue est nécessaire ?

Casimir Oyé Mba : Depuis les élections présidentielles d’août 2016, le Gabon connait une crise politique très grave, dont les métastases se répandent dans tous les compartiments de la vie du pays face à cette situation, que peut-on faire ?

  • Ou on se croise les bras et on attend que le Saint Esprit arrange les choses. Je n’y crois pas.
  • Ou on utilise la violence, on se fait « la guerre ». Je n’y adhère pas.
  • Ou on « cause », on trouve un moyen de se « parler ». Oui, je pense qu’un dialogue est nécessaire. Il reste, bien sûr, à voir comment, selon quelles modalités dialoguer.

Votre position est-elle celle de votre parti l’Union nationale (UN) ?

Chaque  Gabonais a le droit de s’exprimer. Moi comme tous les autres, qu’ils soient membres d’un Parti ou non.

J’ai indiqué à l’entame de ma déclaration du 26 mai dernier que je parlais en mon nom personnel, que je n’étais mandaté par personne. Qui peut s’étonner que quelqu’un qui a exercé les responsabilités qui ont été les miennes s’exprime sur la situation de son pays ? N’est-ce pas quelque part un devoir ?

Si le Bureau directeur de mon Parti décide ainsi, L’UNION NATIONALE pourra, naturellement, faire connaitre sa position.

Je maintiens que c’est Ping qui a été élu dans les urnes.

Vous continuez d’affirmer qu’Ali Bongo n’a pas remporté la présidentielle d’aout 2016 et que Jean Ping en est le vrai vainqueur. Par le passé vous avez accusé le régime d’Ali Bongo d’avoir commis des actes de violence envers la population. Accepter de dialoguer avec lui n’est-ce pas capituler ?

Je maintiens que c’est Ping qui a été élu dans les urnes.

Ce n’est pas moi qui accuse les gens, ce sont les faits. Des Gabonais ont été tués, brutalisés, emprisonnés.

Il me paraît difficile d’accepter que tout cela soit « passé par pertes et profits ». Cela équivaudrait en effet à une capitulation. Moi je demande qu’on parle de cela, qu’on nous dise exactement ce qui s’est passé et qu’on voie ce qu’on peut faire pour panser les plaies des familles éprouvées. C’est tout le contraire.

Votre dernière sortie ne fragilise-t-elle pas la coalition pour la nouvelle République à laquelle vous appartenez ?

La coalition découle de la décision salutaire que nous avons prise de soutenir M. Jean PING.

La coalition n’est pas un Parti politique. Elle comprend des partis, des associations, des personnalités individuelles, des O.N.G, des mouvements…

Je fais partie de la coalition. Notre intérêt à tous est de maintenir et même de consolider notre cohésion. Je ne prétends nullement détenir LA VÉRITÉ. Mais je sais aussi que personne ne détient LA VÉRITÉ. Très humblement, mes propos ne visent qu’à susciter le débat, pour amener à explorer ensemble les pistes possibles de sortie de crise.

L’important n’est pas d’y croire ou de ne pas y croire, mais que ça se réalise (à propos du départ d’Ali Bongo en 2018)

Le 12 mai, Jean Ping déclarait : «Ali ne sera pas là en 2018». Vous y croyez ?

L’important n’est pas d’y croire ou de ne pas y croire, mais que ça se réalise.

Quelles sont vos relations aujourd’hui avec Jean Ping qui n’était pas présent lors de votre déclaration du 26 mai et avec les autres leaders de votre coalition ?

J’ai dû faire la connaissance de PING dans les années 56-57.

On a fait le BEPC et le BAC la même année. Je le considère comme « un bon copain ». Il pourrait peut-être dire la même chose de moi. Vous lui demanderez, si vous voulez.

En politique aujourd’hui, nous luttons pour qu’enfin l’alternance puisse arriver dans notre pays.


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