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Violences post-électorales : la CPI arrive au Gabon le 20 juin pour enquêter


Axel Messa, 28 ans tué devant chez lui d’après des témoins
Axel Messa, 28 ans tué devant chez lui pendant les violences post-électorales à Libreville d’après des témoins © Le Monde

News Gabon (Africapostnews) – Sollicitée séparément par le gouvernement gabonais et par l’opposant Jean Ping pour faire la lumière sur les violences et la répression qui ont suivi l’élection présidentielle du 27 aout 2016, la Cour pénale internationale (CPI) va ouvrir ses investigations sur place. Un groupe d’enquêteurs va arriver à Libreville ce 20 juin pour réaliser les enquêtes préliminaires.

Longtemps annoncés aussi bien par le gouvernement que par Jean Ping, le leader de l’opposition gabonaise, l’enquête de la CPI sur les violences post-électorales va rentrer dans sa phase active.

Pour leur premier séjour au Gabon qui durera 3 jours, les enquêteurs de l’institution judiciaire internationale rencontreront de nombreux responsables gouvernementaux et d’institutions, des responsables politiques de tous bords, des membres de la société civile et des diplomates.

Le pouvoir et l’opposition se renvoient la responsabilité des violences

Un membre du gouvernement gabonais contacté par africapostnews.com affirme que l’arrivée des enquêteurs de la CPI « permettra de faire la lumière sur les responsables politiques qui ont ouvertement incité les populations à descendre dans les rues et à incendier l’Assemblée nationale ainsi que d’autres bâtiments publics. Ce n’est pas l’œuvre du parti au pouvoir encore moins celle du gouvernement ». Pour ce ministre, la CPI vient au Gabon parce qu’Ali Bongo l’a voulu.

Faux, rétorque un opposant. « La CPI n’est pas à la solde d’un régime et encore moins celui d’Ali Bongo. Le monde a été témoin de l’utilisation démesurée de la force armée contre les populations. Toute le monde a vu que le QG de campagne de Jean Ping a été attaqué à l’arme de guerre. Les images des Gabonais assassinés dans les rues ont ému au-delà de nos frontières. La CPI permettra de mettre à nu la cruauté de ce régime ».

Le 29 septembre 2016, la CPI annonçait qu’à l’initiative du gouvernement gabonais, elle ouvrait une enquête préliminaire sur la crise post-électorale au Gabon et des « des faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide ». Dans la foulée, un pool d’avocats français mandatés par Jean Ping a introduit un dossier à la CPI avec des « éléments de preuve » attestant selon eux de violences manifestes, organisées et systématiques envers les populations, notamment celles proches de l’opposition. Jean Ping parlait alors de dizaines de personnes assassinées dont certaines dans l’enceinte de son QG de campagne attaqué par l’armée dans la nuit du 31 aout 2016.

Le 9 mars 2017, à l’occasion de la 34e session du Conseil des droits de l’homme, l’Union européenne dénonçait elle aussi la répression du gouvernement gabonais :

« Les allégations de violations graves des droits de l’homme perpétrées au Gabon à la suite des élections présidentielles de l’année dernière, notamment les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées, la torture et les arrestations arbitraires, soulèvent de sérieuses inquiétudes. », avait déclaré l’un des responsables.

Les Européens réclamaient que les responsables des violences soient traduits devant la justice internationale.

Pour rappel la crise post-électorale au Gabon est née de la contestation de la victoire d’Ali Bongo à l’élection présidentielle du 27 aout 2016 par l’opposition. Pendant plusieurs jours, les populations étaient descendues dans la rue à Libreville, mais aussi dans de nombreuses villes de l’intérieur du pays pour protester. Le gouvernement, qui a pourtant saisi la CPI, a toujours affirmé que cette crise n’avait fait que 3 morts, ce que l’opposition a toujours contesté.


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