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Bénin : lancement de la campagne « Tolérance Zéro » au sujet du mariage des enfants


© Benin Web TV

Bénin (Africapostnews) – Le mariage des enfants est une pratique qui existe dans le monde depuis des années. Au Bénin, il est qualifié de violation des droits par la loi, mais malheureusement soutenu et perpétué par certaines familles conservatrices, au nom de la tradition. Des jeunes filles sont mariées de force avant l’âge de 18 ans ce qui implique des conséquences sur leur éducation, leur santé et surtout leur épanouissement. Pour éradiquer cette pratique, le gouvernement lance une grande campagne de lutte contre le mariage des enfants.

Grâce à cette initiative parrainée par la première dame Claudine Talon, les béninois souhaitent apporter un soutien aux victimes de cette pratique. La campagne provoque des réactions et des émotions sur les réseaux sociaux.

Le mariage forcé, une violation des lois très répandue

En matière de droit de l’enfant, le Bénin est l’un des pays pionniers qui lutte pour leur protection et leur bien-être dans la sous-région. Le pays fait face à plusieurs difficultés qui sont un frein considérable dans cette lutte. Il s’agit de la pauvreté, les mutilations génitales, le droit à la santé et à l’éducation. Il lutte également contre le travail, le trafic et le mariage des enfants. Selon l’ONG Humanium, le taux de mortalité des enfants est élevé. De plus, les mutilations génitales existent toujours malgré les conséquences graves qu’elles peuvent avoir sur la santé des enfants. Aussi, plus de 45% des enfants sont contraints de travailler au Bénin. Le mariage des enfants est l’actuel combat des Béninois.

 

Selon la déclaration universelle des droits de l’Homme, le mariage est un consentement libre de personnes ayant atteint un âge de choisir en toute connaissance un conjoint. En Afrique, le mariage n’est pas simplement une union entre deux personnes, elle est également le moyen de réunir deux familles, deux traditions. La charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant stipule que le mariage des enfants représente une violation des droits de l’enfant. En octobre 2014, l’Assemblée nationale béninoise vote à l’unanimité une loi promulguée en décembre 2015 qui interdit le mariage des enfants avec des sanctions lourdes (Art.181, 345, 377, 378).

Des mariages précoces fréquents avant l’âge légal d’une union

Le mariage des enfants est à proscrire car il est une violation des droits. Malheureusement, c’est la forme de maltraitance sexuelle la plus répandue. En Afrique subsaharienne, les mariages précoces sont très fréquents. Au Bénin, les jeunes filles se voient mariées de force par leurs parents ou très souvent leur tuteur. Ce mariage est très souvent approuvé par les traditionalistes conservateurs. Tandis que certaines générations de plus en plus jeunes souhaitent bannir cette tradition.

 

Selon les statistiques de l’UNICEF, sur les 700 millions de femmes mariées précocement dans le monde, une sur trois n’avait pas encore 15 ans. En Afrique subsaharienne, principalement dans la zone Ouest et Centre 41% se marient avant d’avoir atteint l’âge de 18 ans. Au Bénin, plus particulièrement, 3 filles sur 10 sont mariées à moins de 18 ans. Une fille sur 10 l’est avant l’âge de 15 ans.

Les principales causes des mariages forcés au Benin

Diverses raisons poussent les parents à marier leurs enfants. La plus répandue au Bénin est une volonté de conserver et perpétuer une vieille tradition qui consiste à marier les filles très tôt. Plus précisément à partir du deuxième mois de l’apparition de ses menstrues. Autre raison, la volonté de conserver un patrimoine ou une lignée notamment entre deux personnes de la même famille ou de la même communauté. Enfin, le faible niveau d’instruction des parents peut jouer un rôle important dans cette prise de décision.

A cela s’ajoutent la pression sociale et l’honneur. Les parents veulent empêcher les filles d’avoir des rapports sexuels avant le mariage, afin d’éviter des grossesses précoces et ainsi empêcher de couvrir de honte le nom de la famille. La pauvreté pousse également les familles à marier leur fille pour réduire les charges familiales. Certains en profitent pendant la cérémonie de dot. D’autres vont plus loin, le mariage d’un enfant peut être arrangé suite à un viol ou un enlèvement pour éviter des poursuites judiciaires.

 

De lourdes conséquences sur les jeunes filles

Les conséquences du mariage des enfants sont énormes. Il prive tout d’abord les filles du droit à l’éducation. Le mariage les empêche de pouvoir terminer leurs études sans s’inquiéter de nourrir un enfant ou de satisfaire les besoins d’un époux. Cette privation a des conséquences négatives directement sur l’économie et le développement du pays. En effet, plusieurs ces jeunes mariées n’auront ni compétences, ni connaissances pour exercer un bon emploi permettant d’y contribuer.

Le mariage précoce expose notamment les filles à des risques de santé en entraînant des conséquences fatales sur leur corps. La santé n’est pas la seule conséquence, les jeunes filles sont exposées aux violences sexuelles, physiques et psychologiques. Très souvent mariées à des polygames, elles risquent les maladies sexuellement transmissibles ou encore le VIH/SIDA. Le plus important à retenir est que le mariage des enfants les privent d’une vie d’enfant épanouie.

 

Lancement de la campagne « Tolérance zéro au mariage des enfants »

Afin de lutter contre le mariage des enfants au Bénin une campagne a été lancée il y a quelques jours sur les réseaux sociaux et bientôt sur le terrain. Cette campagne est une initiative du gouvernement en partenariat avec l’UNICEF. Parrainée par la première dame de la République béninoise Claudine Talon, elle a été baptisée « Campagne Tolérance Zéro » au mariage des enfants. L’objectif de cette campagne est principalement de briser le silence en commençant par un dialogue social sur la banalisation des violences faites aux enfants. Elle vise également à pousser la société à créer un environnement sain pour les enfants.

 

Avec la campagne « Tolérance Zéro », les Béninois se sont engagés contre le mariage des enfants. Une action qui avait été engagé par l’Union Africaine en 2014. Une rencontre est prévue à cet effet ce vendredi 16 juin à la salle rouge du palais des congrès de Cotonou, capitale du Bénin. Sur Twitter la campagne est déjà lancée, avec les mots dièses #ToleranceZeroBj #StopMariageEnfants. Les Béninois s’expriment à cœur ouvert. Des artistes comme Angélique Kidjo ambassadrice internationale de l’UNICEF ou encore Zeynab Abib s’y sont engagés. Les Béninois espèrent éradiquer le mariage des enfants qu’ils qualifient de « crime ».


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