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Cameroun : les Évêques du Cameroun appellent à faire la lumière sur la disparition de leur confrère, l´évêque de Bafia


Jean Marie Benoît Bala se serait-il suicidé ?
Monseigneur Jean Marie Benoît Bala.

News Cameroun — La mystérieuse et soudaine disparition de l’évêque de Biafa n’a laissé personne indifférent.  Les évêques du Cameroun sont sorti de leur silence et se sont exprimés sur cette étrange affaire après une assemblée extraordinaire.  

En guise de rappel, c’est le matin du mercredi 31 mai 2017 que la communauté chrétienne et le monde apprenaient, à travers les médias, la disparition mystérieuse de Monseigneur Jean Marie Benoît Bala, Évêque de Bafia au Cameroun. Cette affaire a suffisamment choqué les fidèles de l’Église catholique autant qu’elle a enflammé les médias nationaux et l’ensemble des réseaux sociaux, vu les circonstances de disparition du prélat. Autant dire que cette affaire aux rebondissements n’est pas près de finir aussi vite.

Rappel des faits et avancées de l´enquête

Sur le pont de l’Enfance au lieu-dit Ebebda, on découvre une voiture vide, de marque Toyota Prado, « en position de stationnement anormal » dans le sens Yaoundé — Bafia. Naturellement les curieux cherchent le propriétaire du véhicule. A l’intérieur, une note retrouvée sur le siège avant-droit, où il est écrit : « Je suis dans l’eau », attire l’attention. Aussitôt la spéculation l’emporte sur la raison. Certains disent que le propriétaire s’est jeté dans l’eau, quand d’autres soupçonnaient déjà un assassinat bien préparé. L’hypothèse du suicide prend le dessus, en attendant que le temps et les enquêteurs fassent leur travail.

Les recherches ont continué jusqu’au matin du vendredi 2 juin 2017. Elles révèlent que le corps mutilé de l’Évêque a été retrouvé par un pêcheur à quelques kilomètres du pont de l’Enfance au lieu-dit Tsang. Après avoir été reconnue par les seigneurs du Cameroun, la dépouille est aujourd’hui entre les mains des autorités judiciaires pour la poursuite des enquêtes. Cet effroyable crime provoque des réactions au sein de la communauté cléricale nationale.

Les Évêques du Cameroun planchent sur un crime odieux

Les Evêques du Cameroun se sont réuni ce 13 juin 2017 à Yaoundé, pour faire une déclaration affirmant que leur confrère, Évêque de Bafia, a été victime d’un « meurtre sauvage », souligne le site ALETEIA, mercredi 14 juin. Selon les Evêques, l’autopsie indique que « le corps de prélat a été mutilé et que ses poumons étaient vidés d’eau », poursuit le même site.

Un fait qui remet en cause l’hypothèse du suicide par noyade. La famille des Evêques du Cameroun est ferme : « Nous, Évêques du Cameroun affirmons que Mgr Jean Marie Benoît Bala ne s’est pas suicidé, il a été brutalement assassiné. Voilà un meurtre de plus, et un de trop ». Effectivement, la vie des prêtres catholiques du Cameroun est de plus en plus sujette de réelles inquiétudes. Des actes similaires commis dans le passé réveillent aujourd’hui de terribles souvenirs.
Une tradition de meurtre qui mérite de sérieuses enquêtes.

Dans la saisissante déclaration des Évêques camerounais, l’on peut lire, interloqué, le chapelet de crimes commis dans l’église du Christ ce, dans des conditions pas encore élucidées. La déclaration rappelle les cas suivants : Abbé Joseph MBASSI (Yaoundé 1988), Mgr Yves PLUMEY (Ngaoundéré 1991), Père Antony FONTEGH (Kumbo 1990), les Sœurs de Djoum (en 1992), Père Engelbert MVENG (Yaoundé 1995).

Avec le crime de Mgr Bala, il s’installe progressivement une tradition d’assassinats impunis rallongeant la liste des prélats. Il est temps que les autorités camerounaises prennent les choses en mains afin d’établir les responsabilités des uns et des autres. Ce travail est nécessaire pour protéger et rassurer les populations. C’est une mission régalienne et non un service à prendre ou à laisser.


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