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Libye : des passeurs utilisent les réseaux sociaux pour demander des rançons aux familles de migrants


© RFI

News Libye —Des contrebandiers ont diffusé sur les réseaux sociaux des vidéos de migrants maltraités afin de demander une rançon à leurs familles restées au pays. 

Avec l’essor des nouvelles technologies, les criminels adaptent eux aussi leurs méthodes. Les Nations Unies ont révélé jeudi 15 juin que des passeurs utilisaient les réseaux sociaux pour demander des rançons aux familles de migrants qu’ils retiennent captifs.

Une vidéo où l’on voit une centaine de migrants entassés dans une pièce a été postée sur Facebook. Dans cette vidéo, des migrants d’origine éthiopienne et somalienne selon Reuters, déclarent face caméra qu’ils sont maltraités, torturés et  affamés. Ces derniers réclament à leurs familles jusqu’à 10 000 dollars, pour que les contrebandiers leur laissent la vie sauve. « Ils m’ont cassé les dents … Ils m’ont cassé la main », explique un migrant dans la vidéo. Des sévices qui feraient suite au refus de sa famille de payer la somme de 8 000 dollars pour sa libération. 

L’essor des marchés d’esclaves

Le problème des migrants en Libye est un problème important. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 20 000 sont actuellement retenus en Libye. Le pays est en effet le point incontournable pour ceux qui tentent de rejoindre l’Europe par la mer. Mais pour beaucoup, le rêve se transforme vite en cauchemar. Mi-avril, l’Agence de Nations Unies pour les migrations parlait de l’existence d’un marché d’esclaves en Libye. Un nombre croissant de migrants sont détenus dans le pays, pris en otage et condamnés aux travaux forcés ou à la prostitution. D’autres sont  purement et simplement vendus. Une pratique inquiétante qui ne fait que s’accroître.

Outre ce problème, l’OIM pose la question de la facilité avec laquelle ces criminels semblent impunément utiliser les réseaux sociaux pour commettre leurs crimes. « C’est un problème mondial où un contrebandier ou un gang peut aisément utiliser les plateformes numériques pour promouvoir son activité, tirer profit des personnes vulnérables et ensuite les exploiter elles et leurs familles », a déclaré Mohammed Abdiker, directeur des opérations de l’OIM. Il a par ailleurs fermement condamné cet usage des réseaux sociaux. Dans une Libye en pleine crise depuis la mort de Kadhafi, les passeurs semblent être rois. 


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