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Donald Trump s’oppose au plan antiterroriste africain proposé par la France


Donald Trump et Emmanuel Macron
Donald Trump et Emmanuel Macron © REUTERS/PETER DEJONG/POOL

Terrorisme Afrique – Les États-Unis et la France se précipitent vers une éventuelle querelle, alors que l’administration Trump tente de veto une résolution du Conseil de sécurité français habilitant une force de lutte contre le terrorisme africain, selon les responsables américains et les diplomates de l’ONU.

Le différend repose sur les questions du financement et de la stratégie militaire. Les Français ont besoin d’aide pour financer le contingent de 5 000 soldats africains au Sahel. Cependant, le doute règne sur la faisabilité de la stratégie élaborée par la France. La France a mis l’accent sur l’effort visant à rassembler la force antiterroriste africaine de cinq pays, connue sous le nom de G-5 (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad et Niger). Les pays membres du G-5 cherchent a partager le fardeau du financement et du soutien des opérations transfrontalières avec les États-Unis, ses alliés et les Nations Unies .

Négociations entre Trump et Macron

Les négociations ont émergé comme un test de volonté entre le président français fraîchement élu, Emmanuel Macron, qui a voyagé au Mali quelques jours après avoir prêté serment pour souligner l’engagement de la France à lutter contre les terroristes islamiques et le président Donald Trump, qui cherche à réduire les financements multilatéraux. Ce différend au sujet de la force du Sahel pourrait entraîner de nouvelles tensions dans les relations américaines avec la France.

Les États-Unis, soutenus par la Grande-Bretagne, soutiennent en principe l’engagement français et africain de lutter contre les terroristes. Cependant ils se sont opposés à autoriser l’opération avec un sceau d’approbation de l’ONU indiquant que les troupes du G-5 ont déjà l’autorité légale pour mener des missions.

Au cours des quatre dernières années, la France a conduit les efforts internationaux de lutte contre le terrorisme au Sahel, cherchant à combler un vide de sécurité dans la région qui a suivi l’effondrement du gouvernement libyen Mouammar al-Kadhafi en 2011. Les États-Unis ont généralement soutenu cette entreprise en fournissant financement et renseignements pour l’effort d’antiterrorisme français dans la région.

Les États-Unis doutent des capacités des forces armées africaines

Washington a longtemps exprimé des réserves quant à la capacité des armées africaines de la région à poursuivre une guerre efficace contre le terrorisme. En 2012, la France a proposé de rassembler une armée de 15 pays africains pour affronter les terroristes du Mali, une idée que Susan Rice, alors Ambassadeur des États-Unis aux Nations Unies, a fermement rejetée.

Pour la France, l’initiative offre un modèle pour aider les forces locales à s’attaquer aux terroristes, en particulier à l’époque où les États-Unis et les Nations Unies cherchent aux États africains à résoudre leurs propres problèmes de sécurité.

Les Français ont besoin de deux choses de l’ONU, selon Arthur Boutellis, le directeur du Centre Brian Urquhart de l’Institut international de la paix pour les opérations de la paix – plus de financement pour un projet qu’ils «supportent déjà» et une «stratégie de sortie sur le terrain» pour des milliers de troupes françaises dans la région.

«Si j’étais les Américains, ou l’un des autres pays qui sont appelés à payer, je demanderais quel genre de différence ce genre de force armée va faire», a déclaré M. Boutellis au journal américain Foreign Policy.

Source : Foreign Policy


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