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[Exclusivité] Gabon : Mborantsouo accusée de falsification de diplôme et d’escroquerie à Paris


Plainte Marie-Madeleine Mborantsuo Paris
Marie-Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise depuis 1991 © WILS YANICK M / AFP

News Gabon (Africapostnews) – Marie-Madeleine Mborantsouo, la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise, fait l’objet d’une nouvelle plainte en France. Déjà citée dans une affaire de blanchiment dans une procédure en cours d’investigation, la magistrate est cette fois-ci accusée, pêle-mêle, de falsification de diplôme, de détournement de fonds et d’escroquerie. Sa légitimité au sein de l’Association des Cours Constitutionnelles ayant en Partage l’Usage du Français (ACCPUF) est également mise en cause.

Le 30 juin 2017, Maitre Eric Moutet a saisi le parquet national financier du tribunal de grande instance de Paris au nom de deux de ces clients, un pharmacien et une association gabonaise. La plainte consultée par africapostnews.com fait ressortir plusieurs griefs contre celle qui dirige depuis 26 ans la principale juridiction du Gabon.

Un diplôme de Maitrise en Droit falsifié ?

Selon les plaignants, Marie-Madeleine Mborantsouo, dont un volet de la plainte rappelle la liaison avec Omar Bongo et les liens de famille avec Ali Bongo, aurait falsifié le diplôme de Maitrise en Droit dont elle se prévaut. Ce diplôme qui lui aurait permis de débuter sa carrière dans le corps de la magistrature serait un faux.

La plainte soutient que lors de l’année d’obtention du diplôme de Maitrise (en 1979), le plus haut grade universitaire délivré par l’UOB n’aurait été que la Licence. Les plaignants s’appuient sur l’ordonnance 29/71 qui organisait le centre universitaire des sciences juridiques, économiques et sociales à l’époque.

Abus de confiance, escroquerie, faux et usage de faux

S’appuyant sur l’accusation de falsification de diplôme, les plaignants exposent au procureur de la République près le PNF que la qualité de magistrat de Marie-Madeleine Mborantsouo doit être considérée comme usurpée. En conséquence, l’utilisation de l’argent public en cette qualité et dans ses fonctions de Présidente de la Cour constitutionnelle devrait être considérée comme un détournement des fonds publics.

En outre, s’appuyant sur les dispositions des articles 314-1 et 441-1 du Code pénal français, les plaignants accusent la juge constitutionnelle gabonaise d’abus de confiance, de faux et usage de faux et d’escroquerie.

Pour les plaignants, bien que l’affaire concerne directement une personnalité publique gabonaise, la justice française est compétente pour l’instruire étant donné qu’une partie de l’argent public présumé détourné aurait servi à financer l’ACCPUF dont le siège se trouve à Paris.  En appui à leur plainte, les plaignants ont joint pas moins de 7 pièces jointes à leur dossier.

A ce stade, nul ne sait si le parquet national financier donnera une suite à cette plainte. Cependant, elle vient entacher un peu plus l’image de Marie-Madeleine Mborantsouo dont le rôle dans la vie démocratique gabonaise a souvent été décrié.


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