Share

Falsification de diplôme : pourquoi la plainte contre Mborantsouo a peu de chance de prospérer


Marie-Madeleine Mborantsouo, la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise
Marie-Madeleine Mborantsouo, la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise

News Gabon (Africapostnews) – Marie-Madeleine Mborantsouo fait l’objet d’une plainte pour les faits d’abus de confiance, d’escroquerie, de faux et usage de faux auprès du procureur de la République près le parquet national financier à Paris (France). Au fondement de cette plainte se trouve le diplôme de Maitrise que la présidente de la Cour constitutionnelle gabonaise dit avoir obtenu en 1979 à l’université Omar Bongo (UOB). Les plaignants présentent ce diplôme comme étant un faux. Africapostnews.com s’est rapproché d’enseignants et d’étudiants de cette université à la fin des années 70. Selon eux, la plainte contre Marie-Madeleine Mborantsouo a peu de chance de prospérer car elle ne prendrait pas en compte certaines spécificité du système universitaire gabonais de l’époque.

Accusé de se prévaloir d’un diplôme de Maîtrise obtenu en 1979 à l’UOB alors que le plus haut grade délivré par cette institution n’aurait été que la Licence, Marie-Madeleine Mborantsouo est de nouveau sous le feu des projecteurs. On l’accuse d’avoir usurpé son diplôme de Maitrise qui lui a ouvert l’accès à la magistrature.

La subtilité entre la licence classique et la « licence ancien régime »

Selon les informations obtenues par africaposnews.com, Marie-Madeleine Mborantsouo aurait effectivement obtenu un diplôme dénommé « Licence » en 1979 alors que la maitrise universitaire, telle qu’on l’a connu avant la réforme LMD, n’existait pas encore dans système universitaire gabonais.

Cependant, des anciens de l’UOB affirment que le diplôme de la magistrate a été obtenu au milieu d’une réforme universitaire. Il existait alors deux types de licences à l’UOB : une licence classique et une licence dite ancien régime. La « licence ancien régime » avait ceci de particulier qu’elle ouvrait droit au DESS et au DEA (ancêtres des Master Pro et des Master Recherche d’aujourd’hui) lesquels correspondent au niveau BAC+5. Ainsi la « licence ancien régime » équivalait au niveau BAC+4 qu’on a ensuite désigné comme « année de Maitrise » qui une fois validée donnait droit au diplôme éponyme.

Or, Marie-Madeleine Mborantsouo aurait obtenu une « licence ancien régime ». Si les informations qui nous ont été transmises sont exactes, la différence d’appellation pour deux diplôme de même niveau (BAC +4) ne suffit pour fonder les délits de falsification de diplôme et de faux et usage de faux telles que soutenus dans la plainte.

En outre, un juriste que nous avons invité à se prononcer sur la compétence des juridictions françaises s’est interrogé : « Comment le tribunal pénal financier français pourrait se prononcer sur une telle affaire ? Il n’est pas du tout compétent. Les mobiles de la plainte sont trop légers », a-t-il indiqué.


Leave a Comment