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Maroc : des décennies de prison pour Nasser Zefzafi, le chef de la contestation dans le Rif ?


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Nasser Zefzafi, le leader de la contestation dans le Rif, risque des dizaines d’années de prison. Crédit : Yassine Toumi/TELQUEL

Actualité Maroc — Ce lundi 10 juillet 2017, s’ouvre à Casablanca, le procès de Nasser Zefzafi, le leader de la contestation populaire de la région du Rif au Maroc. Avec plusieurs chefs d’accusation grave retenus contre lui, le prévenu risque de nombreuses décennies derrière les barreaux.

Les juges de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Casablanca jugeront ce lundi 10 juillet 2017, Nasser Zersafi. Ce marocain d’une trentaine d’années, à la tête du mouvement de contestation populaire au nord du Maroc, encourt plusieurs décennies de prison. Les charges retenues contre lui vont de l’atteinte à la sureté intérieure et extérieure de l’État, à la violence avec préméditation, en passant par trouble à l’ordre public. Il avait été arrêté en mai dernier, ainsi que de nombreux membres du Hirak (la « mouvance », nom donné localement à la contestation).

Cependant, Nasser Zersafi sera entendu ce lundi pour s’expliquer au sujet d’une somme qu’il aurait reçue de l’extérieur de pays. En effet, le natif du Rif aurait perçu la modique somme de 318 euros en provenance de l’étranger. Ces fonds auraient créé des soupçons de financement extérieur quant aux manifestations dans la région. Durant 4 à 5 heures, il sera tenu de fournir des explications concernant cet argent.

Période d’accalmie au Rif après de longues manifestations

La région du Rif a été le bastion de violentes et longues manifestations populaires durant près de 8 mois. A l’origine de cette contestation la mort atroce de Mouhcine Fikri, un commerçant, broyée par une benne à ordure. Cet événement dramatique a poussé la population à descendre dans les rues. Semaine après semaine, de milliers de Rifains ont alors manifesté dénonçant le manque de développement dans la région qu’ils estiment marginalisée et négligée, à cause de son passif de région contestataire.

En mai dernier, les autorités visiblement excédées ont durci le ton dans la gestion de ces manifestations. Les forces de l’ordre omniprésentes dans la région réprimaient systématiquement, et parfois violemment les manifestants. Dans la foulée, de nombreuses arrestations ont eu lieu, dont celle des leaders du mouvement notamment Nasser Zersafi.

En ce début juillet, la région connait désormais une relative accalmie. Les nombreuses manifestations ont été momentanément interrompues. Cependant, de nombreuses tentatives de rassemblements sont observées. Les manifestants réclament désormais la libération de leurs prisonniers.

Samedi dernier, une manifestation de soutien a été violemment dispersée dans la ville de Rabat. La grogne populaire dans le nord, semble loin d’être terminée.


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