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Rwanda : selon Human Rights Watch, les forces de sécurité ont procédé à au moins 37 exécutions sommaires


Exécutions sommaires de l'armée rwandaise
Les visages de certaines victimes exécutées par les militaires. © Human Rights Watch

Rwanda (APN) — Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport de 40 pages qui accable les autorités rwandaises. Il accuse les forces de sécurité d’avoir pratiqué des exécutions extrajudiciaires sur des personnes coupables de délits mineurs.

Les faits se sont déroulés entre août 2016 et avril 2017 dans l’Ouest du Rwanda, plus précisément dans les districts de Rutsiro et Rubavu. Certains cas ont été relevés dans le Nord du Rwanda, dans le district de Musanze

Les victimes étaient pour la plupart accusées de vol (vache, motos, bananes…). Certaines étaient soupçonnées de trafic de marijuana, d’avoir illégalement franchi la frontière de la RDC vers le Rwanda, ou même d’utiliser des filets de pêche illégaux.

Certaines victimes auraient été arrêtées par les autorités civiles avant d’être livrées à la base militaire la plus proche où elles ont été exécutées. D’autres ont été battues à mort par les habitants et ont donc été livrées à la justice populaire ; une méthode que les autorités encouragent.

« Tous les voleurs doivent être tués »

Un témoin d’une exécution aurait déclaré :

“ Le maire a dit : « Tous les voleurs doivent être tués » ”

Ces meurtres constituent une grave violation de la loi rwandaise mais aussi des droits humains. En effet la présomption d’innocence n’est pas respectée, il n’y a pas eu d’enquête et les victimes n’ont pas été traduites en justice.

« Le gouvernement rwandais devrait aussi respecter la présomption d’innocence, veiller à ce que toute personne accusée d’un crime bénéficie d’un procès équitable, et appliquer sans exception une interdiction absolue de sanction pénale pour toute personne non reconnue coupable par un tribunal. » peut-on lire dans le rapport.

Le recours à des meurtres dans la lutte contre la petite délinquance et les délits ne consolide pas l’État de droit, mais ne fait qu’aggraver le climat de peur. Les autorités rwandaises devraient faire cesser immédiatement ces meurtres et traduire les responsables en justice ”, a suggéré Daniel Bekele, directeur senior de plaidoyer auprès de la division Afrique de Human Rights Watch.

 


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