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Bienvenue à Umoja, un village au Kenya interdit aux hommes


Umoja village kenyan interdit aux hommes
Une femme Samburu vivant à Umoja. © Georgina Goodwin / Observer

Kenya (Africapostnews) — Umoja est un village créé par des femmes au Kenya fuyant toutes sortes de violations et d’abus. Refuge pour ces femmes, ce village est formellement interdit aux hommes.

Situé au nord du Kenya à environ 400 km de Nairobi, Umoja est proche de la réserve nationale de Samburu, lieu prisée par les touristes. Sa superficie est d’environ deux hectares.

Umoja qui signifie « unité » en swahili a été construit entièrement par des femmes, de manière traditionnelle, en cercle. Elles ont fabriqué des cases de boue et de bouse de vache séchée qui leur servent d’habitations.

Un refuge pour les femmes victimes d’abus

Cette communauté (les Tumaï qui signifie « espoir de vie ») a été créée en 1990 par une quinzaine de femmes fuyant les violences et réclamant leurs droits.

Rebecca Lolosoli, actuelle cheffe du village fait partie des femmes fondatrices d’Umoja. Elle a été victime de viol par les soldats britanniques comme des centaines de femmes entre 1970 et 2003. Aussi, elle a été battue par des hommes parce qu’elle informait les femmes de leurs droits. Toutes les femmes qui ont fondé le village ont eu des expériences similaires.

Depuis sa création, ce village considéré comme un refuge, accueille des femmes qui fuient ou qui sont victimes de viol, mutilations sexuelles, mariages forcés et de violences conjugales. Certaines sont battues par leur mari parce qu’elles ont été violées et que le viol apporterait la honte.

Choquée par l’histoire de toutes celles que le village reçoit, Rébecca Lolosoli a interdit le droit de cité aux hommes. Elle s’insurge régulièrement contre le traitement que les hommes dans leurs villages réservent aux femmes.

« Chez nous, une femme n’a pas le droit de contester les dires d’un homme même s’il a tort. » déclare Rebecca.

Un havre de paix bien organisé…

Ce village est un havre de paix pour celles qui y vivent et leur indépendance vis-à-vis des hommes est appréciée par la totalité des villageoises. Certains maris reviennent pour tenter de récupérer leurs ex-épouses. Celles-ci refusent pour la plupart.

La communauté gagne de l’argent grâce au tourisme. En effet, les femmes ont construit un centre culturel au sein du village, une boutique qui vend les créations locales et un camping. Avec cet argent, elles peuvent subvenir à leurs besoins et les enfants sont envoyés à l’école.

De plus, elles y sont informées de leurs droits. « Nous apprenons aussi aux femmes à se respecter, à respecter leur corps […] Elles doivent comprendre qu’elles sont en droit de refuser un rapport sans devoir craindre d’être battues ou violées. » indique Rébecca.

Elles s’organisent et s’engagent à construire une démocratie 100% participative. Toutes les décisions susceptibles d’engager l’ensemble de la communauté sont débattues au sein d’une assemblée générale. Elle comprend toutes les femmes en âge adulte. Pour entériner une décision, on procède à un vote à main levée.

…qui suscite la jalousie des hommes de la tribu

Furieux, des hommes samburu ont construit un village d’hommes en face d’Umoja. Seulement ces derniers n’ont pas réussi à attirer les touristes, ce qui attise leur jalousie envers ces femmes qui pour eux ne respectent pas la culture. Rébecca est devenue la cible de nombreuses menaces de mort et Umoja la cible d’attaques d’hommes.

« L’homme est la tête et la femme le cou. Or une tête ne peut pas demander à un cou de donner son avis » s’insurge le chef du village masculin. Pour lui Rébecca remet en cause les fondements de la tradition.

Le village masculin a du mal à subsister et de nombreux hommes ne pouvant pas trouver de femmes ont décidé de déménager. Rébecca quant à elle, a engagé trois hommes pour la sécurité du village et pour récupérer le charbon (tâche habituellement destinée aux femmes).


1 Comment on this Post

  1. Ca pousse vraiment a la reflection… Inspirant.

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