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Mauritanie : Deux marches contre le référendum constitutionnel violemment réprimées


Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz Crédits photo : THIERRY CHARLIER/AFP

Actualité Mauritanie – Mercredi 26 juillet 2017, deux marches organisées par l’opposition en guise de protestation contre le référendum constitutionnel du 5 aout prochain ont été sévèrement réprimées par les forces de l’ordre. Les deux manifestations n’avaient pas préalablement été autorisées.

La capitale Mauritanienne Nouakchott a été le théâtre ce mercredi 26 juillet 2017, de heurts entre policiers et manifestants. À l’origine de cette répression, deux marches organisées par la coalition de l’opposition, fermement opposée au référendum constitutionnel du 5 aout prochain. Ces manifestations n’avaient pas été autorisées par les autorités, qui ont eu recours à la police pour les disperser.

D’après les organisateurs desdites manifestations, qui dénoncent l’usage excessif de la force par la police, on dénombrerait de nombreux blessés. Pour Mohamed Ould Moloud, président du parti Union des forces du progrès, une fois de plus, le pouvoir fait montre de son manque de respect pour les libertés des citoyens.

« Le pouvoir a montré l’irrespect qu’il a pour les libertés publiques en réprimant ces manifestations. Ici, nous allons continuer à manifester. Notre détermination est grande de ne pas accepter la répression de la liberté d’expression. » a-t-il déclaré.

De son côté, le chef de l’état, en tournée à l’intérieur du pays, n’a pas manqué de tacler l’opposition. Pour le président mauritanien, l’opposition chercherait à créer le chaos dans le pays.

Un référendum qui fait couler beaucoup d’encre

À l’approche du référendum constitutionnel dans le pays, les détracteurs de celui-ci se multiplient et enchaînent les manifestations à son encontre. Les manifestations organisées dans les départements de Sabkha  et Arafatt s’inscrivent dans le processus de boycott dudit référendum. Une coalition de partis de l’opposition appelée « Coordination de l’opposition démocratique » a vu le jour pour la circonstance.

Nés du dialogue national, les divers amendements de la constitution décidés ou proposés par les différentes parties ont du mal à passer. Déjà présenté au Sénat, le texte de loi a été désavoué par les sénateurs. Un désaveu que le président de la République a contourné en annonçant la tenue d’un référendum.

Ainsi, le 5 aout prochain, près de 1, 4 millions de Mauritaniens décideront de l’adoption des propositions du chef de l’état. Sur la table, le changement de drapeau proposé par l’exécutif d’une part, et d’autre part, un projet de loi controversé. Ce dernier propose notamment la suppression de nombreuses institutions parmi lesquelles, la Haute cour de justice, le poste de médiateur de la République et le Haut conseil islamique et surtout le Sénat, qui serait lui remplacé par des Conseils régionaux élus.  À quelques jours du référendum, la tension est à son comble.


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