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[Opinion] Choisir comme affirmation de sa liberté


Pourquoi devons-nous faire des choix ?
Pourquoi devons-nous faire des choix ?

L’humain est un être complexe. Son caractère insaisissable lui donne jusqu’à la possibilité d’échapper à ses propres tendances et habitudes. Cette insaisissabilité lui permet d’aimer une chose et de haïr une autre ; de repousser aujourd’hui ce qu’il a embrassé hier ; ou d’emprunter tel chemin et pas tel autre. L’humain est capable de mille et une choses à la fois.

Ses possibilités sont si immenses qu’il est capable de l’impossible, de l’insondable et de l’indicible. La vie d’un être humain ressemble ainsi à un labyrinthe où il est amené à choisir entre la gauche et la droite d’avancer ou de reculer, ou de s’asseoir en signe d’inertie. On a donc toujours le choix de condamné à la liberté de choisir.

De la nécessité de choisir

Aujourd’hui plus qu’hier, il faut choisir, il faut revendiquer cette liberté fondamentale. En effet, on peut être contraint de choisir. On peut aussi être poussé à choisir précipitamment pour respecter un délai. Autant il arrive souvent que l’on choisisse entre différentes choses qu’on n’aime pas. Mais toujours est-il que par là on jouit de sa liberté.

Précisons que la liberté n’est pas une notion fixe ni une mélodie ayant la même cadence partout et en tout temps. La liberté n’est pas la même dans la jungle, sous une dictature, dans un royaume et encore moins dans une démocratie. Elle n’est pas la même selon qu’on est leader d’opinion, religieux, philosophe, parent, célibataire, vieux ou adolescent. La liberté est toujours fonction de quelque d’autre qu’elle-même.

Mais pourquoi est-il si important de choisir ?

Il faut choisir par principe et par nécessité. Par principe, il faut choisir parce qu’il en va de votre liberté. Mais c’est aussi la meilleure façon de s’affirmer. Par nécessité, il faut choisir pour ne pas se trouver dans une situation de confusion et d’indécision. On dit qu’il est neutre celui qui ne choisit pas.

On dit aussi qu’il est lâche et sans convictions celui qui refuse faire son choix. On regrette son choix quand on a manqué de l’exprimer au bon moment. Prenons l’exemple d’un groupe de personnes à qui on offre un panier de fruits. Medang aime la banane et il n’y en a qu’un seul doigt, tandis que le panier est garni d’une bonne variété d’autres fruits tout aussi succulents.

Au moment de choisir, Medang hésite quand même entre la banane et les autres… Pendant le temps qu’il réfléchit, Mbadinga prend la banane. Et Medang finit avec le pamplemousse qu’il n’arrive même pas à avaler. Cet exemple montre qu’on peut regretter ses choix quand on hésite de les manifester, surtout lorsqu’on est au milieu des gens qui savent ce qu’ils veulent.

Les deux principaux types de choix

Il existe deux principaux types de choix : les choix déterminants et les choix normaux. Les choix déterminants sont des choix cruciaux qui définissent la valeur (qualité) et certainement la nature de notre vie. Ceux-là, il est vivement conseillé de les faire sans courir, sereinement. C’est entre autres le choix d’une spiritualité, d’un métier, d’un mari ou d’une femme, d’une maison, d’un type d’alimentation, etc. Alors que les choix normaux sont ceux que nous effectuons au quotidien, tous les jours, du levé au coucher. Entre l’heure, la façon de parler, le plat du midi, la robe ou le pantalon, la couleur du sac, le fauteuil ou la chaise, et même les endroits où nous posons les pieds en marchant, nous choisissons.

Nous faisons très peu de choses au hasard et par instinct. Dans la plupart des cas, nous faisons de petits choix dans les autres, voire les petits bouts de choix pour réussir ou pour foirer notre journée. Et de journée en journée, on aura fait une éternité de choix. Paulo Coelho dit à cet effet qu’ « un homme doit choisir. En cela réside sa force : le pouvoir des décisions ». Comprenons Coelho dans le sens où la force d’un homme dépend de ses choix, c’est-à-dire que notre vie est à l’image de nos décisions. Cela donne l’addition suivante : Force/Faiblesse = l’homme + choix.

De la possibilité comme liberté de choisir

Les choix ne s’offrent pas à nous par hasard. Toute possibilité de choix que nous avons répondu à une suite logique de causalité. Les choix viennent à nous en fonction des opportunités qu’on s’est créées, surtout volontairement. Pour choisir entre deux belles offres d’emploi, il eut fallu avoir les diplômes et formations qui nous y préparent. Encore qu’il aurait fallu avoir postulé à ces postes d’emploi.

De même, pour choisir entre plusieurs lieux de vacances, il faudrait avoir les poches pleines, les moyens conséquents. Pour séduire Simone de Beauvoir, il fallut être Sartre. De même qu’il aurait fallu être Heidegger pour plaire à Annah Arendt. On doit entendre par possibilité de choix, le niveau d’influence opérationnelle que nous offrent nos capacités.

Cependant, on peut aussi avoir des capacités sans avoir la possibilité de choisir. Les capacités ne suffisent pas, même si elles sont un facteur important. Nos choix dépendent plus rigoureusement de notre liberté. On ne choisit librement que si c’est possible. On ne choisit que si on est libre vraiment. La liberté est un adhésif entre capacités et possibilité. En effet, celui qui passe un séjour en prison ne peut choisir ni ce qu’il veut ni quand il veut. « Choisir c’est être libre », dit Claudy Mailly. Aussi, Victor Hugo affirme que « La volonté trouve, la liberté choisit ». Donc point de choix possible sans liberté.

Choisir c’est renoncer même dans l’embarras

L’embarras du choix, voici une expression assez fréquente dans les conversations quotidiennes. C’est une façon de dire qu’on n’arrive pas à choisir entre plusieurs choses qui nous plaisent. Toutefois, l’embarras est un sentiment humain, normal et naturel. Mais il ne suffit pas à justifier nos peurs ni notre prudence. Il ne faut pas être embarrassé de choisir au point de suivre deux lièvres à la fois. Car, non seulement on risque de perdre les deux, mais aussi on risque de se perdre soi-même. Choisir c’est s’engager pour et/ou contre, c’est exister réellement.

L’embarras avant le choix, c’est aussi cette nécessité de peser le pour et contre. C’est cet exercice qui permet de définir nos intérêts et les risques qui les accompagnent. Il est possible que l’embarras fasse naître en nous l’affect, cet autre sentiment émotionnel qu’est la compassion par rapport à notre degré d’attachement. Certaines personnes ont du mal à quitter (renoncer à) leur « Ex » quand elles s’engagent dans un couple. Elles éprouvent de la compassion, du remords pour le mal qu’elles estiment causer. La compassion pour l’Ex devient alors une importante pesanteur dans le nouveau couple.

Les mauvais choix sont ceux qui n’ont pas bien évalué les risques et dont les intérêts ne sont pas escomptés. Alors que les bons choix sont ceux où nous décevons notre compassion en plaisant à notre raison. On alors peut tomber d’accord avec Alain, que l’important n’est pas de choisir, mais de rendre nos choix bons.


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