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Gabon : les partisans d’Ali Bongo se déchirent sur la stratégie à adopter face à l’opposition


Des responsables politique du PDG
Des responsables politique du PDG

News Gabon (Africapostnews) – La dernière sortie des leaders du Mogabo, un mouvement politique mort-né alors présenté comme un courant au sein du parti démocratique gabonais (PDG – au pouvoir), a réveillé les divisions latentes au sein de la majorité. Ce mardi, Faustin Boukoubi, le secrétaire général du PDG, s’est désolidarisé de la posture affichée par ses « camarades » Alain-Claude Billie-By-Nzé, Pacôme Moubelet, Blaise Louembé, Simon Ntoutoume Emane et Ali Akbar Onanga Y’Obégué. La veille, Mathias Otounga, le ministre du budget, avait déjà pris ses distances.

Le 28 juillet, cinq personnalités éminentes du PDG, qu’on présente parfois comme le noyau dur du régime, ont fait une sortie tonitruante pour « entretenir (l’opinion) sur (leur) lecture de la situation politique du moment » mais surtout pour défendre Ali Bongo qu’ils considèrent être seul face aux critiques de l’opposition.

Au cours de cet échange, Alain-Claude Billie-By-Nzé, Pacôme Moubelet, Blaise Louembé, Simon Ntoutoume Emane et Ali Akbar Onanga Y’Obégué ont lancé des charges violentes contre Jean Ping et ses soutiens. « L’élection est terminée, il est temps de passer à autre chose » ont-ils indiqué avant d’affirmer que Jean Ping dont le Quartier général a été attaqué au cocktail Molotov le lendemain, voulait « semer la mort » au Gabon.

Période politiquement sensible

Profitant de cette sortie, les « faucons » du régime se sont insurgés contre « des personnalités étrangères, des publications d’articles à charge contre Ali Bongo […] les émissions de télévision téléguidées ». Ils ont cependant oublié de préciser que l’un d’entre-eux, Alain-Claude Bilié-By-Nzé, fut l’un des principaux interlocuteurs des journalistes de Bangumi, la société de production qui a réalisé pour France2, un reportage peu reluisant sur Ali Bongo et sa gouvernance.

Les déclarations des cinq anciens membres du Mogabo, ont exaspéré des membres de leur parti. Certains d’entre eux se sont réunis en début de semaine à Libreville et n’ont pas eu des mots assez durs, notamment envers Alain-Claude Billie-By-Nzé, Pacôme Moubelet et Ali Akbar Onanga Y’Obégué. Pour eux, ces derniers ont un agenda distinct de celui du PDG et du président Ali Bongo. « Ils attisent le ressentiment des gabonais alors qu’il faudrait jouer l’apaisement pendant cette période qu’on sait politiquement sensible », a indiqué l’un d’eux à africapostnews.com sous couvert de l’anonymat.

Certains responsables du parti au pouvoir ont pressé Faustin Boukoubi de s’exprimer, ce qu’il a fait mardi en des termes non-équivoques, rappelant au passage l’image désastreuse de ses « camarades » de l’ancien Mogabo dans l’opinion.

« Ils prétendaient s’exprimer en défendant le président de la République. Si le président de la République lui-même qui nous connait tous, qui connait notre passé, qui connait notre image dans l’opinion et qui sait ce que chacun de nous reflète comme image du régime au sein de l’opinion ; si le président de la République lui-même en est satisfait, je ne peux qu’en prendre acte. Comme on dit, il ne faut pas  être plus royaliste que le roi. Nous espérons que cette sortie n’est pas contre-productive pour l’image du président qu’ils prétendent défendre », a déclaré Faustin Boukoubi sur l’une des chaines publiques.

Fracture au cœur du pouvoir

Mathias Otounga, responsable politique de premier plan qui était ministre de la défense pendant la crise post-électorale, a lui aussi tenu à se désolidariser d’Alain-Claude Billie-By-Nzé, Pacôme Moubelet et Ali Akbar Onanga Y’Obégué.

« Certains cadres prôneraient de plus en plus des méthodes fortes face à l’opposition incarnée par Jean Ping et par conséquent contre une bonne partie de la population. Le président Ali Bongo Ondimba a été élu pour 7 ans. (Nous devons) avoir comme unique rôle de l’aider à reconstruire l’unité des Gabonais mise à rude épreuve, l’aider à s’élever et à demeurer au-dessus de la mêlée », a-t-il indiqué dans un post sur les réseaux sociaux. Il ajoute, par opposition à la posture de ses collègues, « Mon combat est de l’aider à re-fraterniser les Gabonais des 9 provinces ».


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