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Aménagement des bassins versants : une priorité pour les États africains pour lutter contre les inondations


 

 

La rivière Likouala aux herbes en, République du Congo, affluent du Congo. ©Yann Arthus Bertrand

Encore appelé zone de drainage ou bassin hydrographique, le bassin versant est l’ensemble du territoire qui recueille les eaux qui alimentent un cours d’eau, un lac, une mer, un océan, etc. Il obéit à des règles de gravité qui permettent que l’eau s’écoule d’amont en aval selon l’inclinaison de la pente. En général, il est délimité par des crêtes qui séparent les « lignes de partage des eaux ».

 Chaque bassin versant possède donc des caractéristiques qui lui sont propres. Il est souvent subdivisé en sous-bassin. Un bassin versant situé en zone forestière sera différent d’un bassin construit en zone urbaine, car il subit l’influence anthropique.

Connaitre le bassin versant permet de maitriser non seulement les études hydrologiques d’un territoire, mais également prévoir les risques naturels tels que les inondations, les glissements de terrain ou encore apprendre à mieux gérer l’eau. Le rôle des gestionnaires de l’eau dans chaque État africain est de prendre des décisions pour éviter la dégradation des bassins versants si on veut espérer réduire les risques d’inondations.

Comprendre le cheminement des eaux de pluie dans les bassins versants pour maîtriser les inondations

Toute l’eau reçue par les pluies ne s’écoule pas directement dans les cours d’eau, une partie s’infiltre dans le sol pour rejoindre les nappes phréatiques pour atteindre les rivières, les fleuves, etc. Une autre s’évapore, la dernière ne pouvant pas s’infiltrer à cause de certaines couches imperméables du sol, ruisselle. Toutes ces eaux convergent vers un point de rencontre que l’on appelle un exutoire.

En fonction des régions, des climats, du relief et des types de sols, cette eau peut arriver dans l’exutoire en très grande quantité, car n’ayant pas pu s’infiltrer totalement dans le sol. Une région possédant un sol en majorité argileux, c’est-à-dire possédant les propriétés d’un sol imperméable, un relief en pente, sera plus susceptible de subir des inondations qu’une zone dotée d’un sol calcaire, favorable à l’infiltration l’eau. Les pluies qui tombent de part et d’autre des lignes du bassin versant ruissellent directement jusqu’aux fleuves et autres cours d’eau.

Un grand bassin versant peut contenir des sous-bassins versants ce qui explique que l’augmentation de l’eau dans un fleuve en amont peut influencer l’inondation de celui en aval, car étant liés. S’il y a deux crues dans deux sous-bassins versants en amont, l’eau qui ruisselle peut prendre quelques jours, puis arriver dans l’exutoire au même moment et causer une inondation en aval.

Les bassins versants sont importants dans la mesure où ils alimentent la planète en eau douce notamment dans le domaine agricole qui utilise l’eau de surface et les sédiments recueillis transportés par les pentes issues des bassins versants. Plus de 100.000 kilomètres cubes d’eau de pluie sont directement capturés par les bassins versants. Leur rôle est de réguler les cours d’eau et leur vitesse de ruissellement afin d’empêcher les inondations, les sécheresses par leur pente.

Influence de l’Homme et les risques sur les bassins versants

L’eau est utilisée par l’homme dans plusieurs domaines. Il ne l’utilise pas seulement pour en consommer, mais également dans différentes activités à l’image de l’industrie ou de l’agriculture. Pour se protéger des inondations, l’Homme a mis en place des ouvrages de régulation tels que les barrages, digues canaux, etc.

Malheureusement en installant ces aménagements, sur des terrains sur lesquels se situent des bassins versants, il influence l’écoulement des eaux qui devrait être naturel et donc impacte également sur les bassins versants. Certaines constructions peuvent diminuer le débit du ruissellement ou augmenter la vitesse des écoulements. Il est ainsi responsable de la qualité de l’eau par la pollution, car les déchets (industriels, agricoles, etc.) peu traités sont très souvent rejetés dans les rivières.

Toutes ces pollutions jouent aussi un rôle dans la qualité de l’eau, sa gestion dépend donc entièrement de l’Homme. Il doit la préserver en diminuant les pollutions et en aménageant les bassins versants. Dans certains pays, pour subvenir aux besoins des populations, l’exploitation du bois s’intensifie, malheureusement cet acte contribue à la dégradation des bassins versants, car la perte de couvert forestier peut aggraver l’érosion.

Certains sols deviennent plus arides et donc plus exposés aux inondations. Les ouvrages hydrauliques mal construits peuvent également dégrader les bassins versants si on ne prend pas en compte les bonnes estimations des réserves d’eau, des régimes d’écoulement et des forêts en maitrisant les vitesses des flux. Les zones résidentielles construites sur des pentes peuvent contribuer à l’accélération du ruissellement et empêcher aux bassins naturels de réguler les flux et donc causer des inondations.

Gérer les bassins versants pour gérer les inondations

Afin de diminuer les risques d’inondations, les États africains pourraient commencer par mener des travaux d’entretien visant à augmenter les capacités d’évacuation, c’est-à-dire procéder par exemple à des élargissements des lits mineurs, des travaux de dragage ou encore rescinder les méandres qui sont les cheminements d’eau. Un contrôle régulier des zones inondables et des actions sur les cours d’eau doit être mis en place.

Les États doivent impérativement prévenir, prévoir et protéger la population en aménageant les bassins versants afin de réduire les risques d’inondation en maitrisant les urbanisations, interdire les constructions dans les zones d’aléas les plus élevés.

Il est possible d’éviter la dégradation des bassins versants et remise en état par des aménagements. Bien qu’il y ait des techniques modernes, le rôle de l’humain reste primordial. Les États pourraient par exemple encourager l’agriculture de conservation, c’est-à-dire assurer le maintien et l’amélioration du potentiel agronomique en réduisant le besoin d’engrais, produit phytosanitaire sans pour autant les interdire.

Dans un bassin versant, l’occupation des sols et les activités humaines en amont conditionnent le chemin de l’eau et donc sa qualité en aval. L’État pourrait donc mettre en place un système de gestion en amont qui pourrait surveiller la vitesse d’écoulement et de ruissellement de flux en aval et principalement dans les zones urbaines pour éviter une surélévation des eaux pendant les pluies.

Un véritable encadrement et une sensibilisation doivent se faire au niveau des populations locales dans le but de les intéresser à participer activement à la planification et aux aménagements, mais surtout leur expliquer dans quelle mesure les déchets dans ou autour des bassins versants peuvent être un danger pour leur santé.

Aménager les bassins versants revient à tenir compte des caractéristiques terrestres et des ressources hydriques, à adopter une ligne de conduite pour une meilleure utilisation des ressources terrestres et hydrauliques. Des programmes doivent être mis en place par les États dans une optique du développement durable.


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