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Sénégal : pour avoir brûlé un billet de 5.000 FCFA, l’activiste panafricain Kémi Séba finit en garde à vue à Dakar


 

Depuis ce matin, l’activiste panafricain Kémi Séba est en garde à vue à Dakar. Kémi Séba finit en garde à vue à Dakar

Actualité Sénégal – Décrié par les uns et adulé par les autres, l’activiste panafricain Kémi Séba est en garde à vue à Dakar depuis ce matin. C’est dans la matinée de ce vendredi 25 août que les enquêteurs de la Division des investigations criminelles (DIC), l’équivalent de la police judiciaire, ont procédé à son arrestation.

Après ses nombreux démêlés avec la justice française, Kémi Séba, 35 ans, subit les foudres de la justice sénégalaise. Depuis ce matin à 7 heures, le président de l’ONG Urgences Panafricanistes, est entre les mains de la police judiciaire sénégalaise. Selon plusieurs proches, il a été cueilli à son domicile par les éléments de la DIC.

 

 

Cette information qui a rapidement filtré dans la presse sénégalaise a été confirmée par les proches de l’intéressé, qui à l’heure actuelle, se trouve toujours dans les locaux de la police. Cette arrestation intervient six jours après le rassemblement organisé à Dakar pour dénoncer la Françafrique. Lors de la manifestation qui s’est tenue sur la place de l’Obélisque le 19 août dernier, le jeune activiste panafricain avait publiquement brûlé un billet de 5.000 FCFA (7,62 €).

Kémi Séba savait que l’épée de Damoclès planait au-dessus de sa personne. En effet, la veille de son arrestation, le jeune activiste panafricain avait posté une publication sur sa page Facebook.

Dans celle-ci, il expliquait à ses abonnés que la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) avait porté plainte contre lui. Dans cette publication, Kémi Séba s’en prend ouvertement à la Banque de France qu’il soupçonne d’être l’instigateur de cette plainte.

 

Kémi Séba, l’homme qui voulait la mort du franc CFA

En brûlant ce billet de 5.000 FCFA, Kémi Séba a ouvertement violé la loi. En son article 441, le Code pénal sénégalais prévoit de punir « quiconque aura volontairement brûlé ou détruit, d’une manière quelconque, des registres, minutes ou actes originaux de l’autorité publique, des titres, billets, lettres de change, effets de commerce ou de banque, contenant ou opérant obligation, disposition ou décharge ». Pour ce délit, le Code pénal sénégalais prévoit un emprisonnement de cinq ans à dix ans.

Depuis des années déjà, Kémi Séba se bat pour la réelle indépendance de l’Afrique. L’homme qui a milité au sein de plusieurs associations et mouvements panafricains ne manque pas une occasion de s’en prendre aux anciens colonisateurs africains, notamment à la France.

Dans ses nombreuses prises de parole et autres écrits, Stellio Capo Chichi de son vrai nom, accuse cette dernière d’avoir mis à genoux une bonne partie de l’Afrique subsahélienne. La « Françafrique », ce vaste réseau obscur qui a vu le jour sous l’impulsion du général De Gaulle et mené pendant des décennies par Jacques Foccart, est également la cible privilégiée de Kémi Séba.

Pour lui, la « Françafrique » ne sert qu’à enrichir la France et à appauvrir ses anciennes colonies. En détruisant symboliquement ce billet, Kémi Séba a voulu dénoncer la servitude monétaire des 16 pays qui ont pour monnaie commune le franc CFA. Partout en Afrique subsaharienne, des voix s’élèvent pour dénoncer l’arrimage du franc CFA à l’Euro et par ricochet à Banque de France. Pour de nombreux économistes africains, le franc CFA ralentirait le développement d’une bonne partie du continent. Kémi Séba est l’un des porte-drapeaux d’un gigantesque mouvement contestataire qui milite pour la fin du franc CFA.

 


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