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Cameroun : Paul Biya exige la libération des leaders anglophones


Biya décrète abandon des charges
Le président camerounais Paul Biya. © BENOIT TESSIER / REUTERS

Cameroun (Africapostnews) — Dans un communiqué lu à la radio d’Etat par le secrétaire général de la Présidence, Paul Biya a décrété l’abandon des charges contre les leaders anglophones.

Ce mercredi 30 août a été marqué par la publication via les antennes de la radio locale, d’un décret présidentiel. C’est Ferdinand Ngoh Ngoh, Secrétaire général de la Présidence camerounaise qui a annoncé l’abandon des charges contre de nombreux leaders anglophones.

« Le Président de la République Paul Biya, a ordonné à ce jour, l’arrêt des poursuites pendantes devant le tribunal de Yaoundé contre les nommés Nkongo Félix Agbor, Fontem Aforteka’a Neba, Paul Ayah Abine et certaines autres personnes interpellées dans le cadre des violences survenues ces derniers mois dans les Régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest » peut-on lire dans la déclaration.

Les trois principales personnes citées dans le communiqué sont respectivement avocat, universitaire et ancien magistrat à la Cour suprême. Ils étaient accusés d’actes de terrorisme et d’incitation à la sécession. De même, les autorités camerounaises ont annoncé que 60 à 70 personnes seraient libérées ce jeudi.

Ces personnes font partie de la minorité anglophone qui compte 22 millions d’individus. Elle est en lutte contre le pouvoir et dénonce la marginalisation par celui-ci des régions anglophones. De nombreuses grèves y éclataient il y a quelques mois dans les secteurs de l’éducation et de la justice. Peu après, c’est une crise socio-politique qui a fait son apparition entraînant des scènes de violence. Le pouvoir a réagi en coupant l’accès à internet pendant trois mois dans ces régions

Biya tente l’apaisement

« Cette décision, qui s’inscrit en droite ligne des multiples mesures déjà prises par les pouvoirs publics pour apporter des réponses aux préoccupations exprimées par les ressortissants de ces deux régions, procède de la volonté inébranlable du Chef de l’Etat, de rechercher en tôt temps les voies et moyens d’une résolution pacifique des crises » ajoute le communiqué

En plus des trois principaux concernés qui ont été libérés ce jeudi matin, ce sont donc près de 70 personnes qui pourront retrouver la liberté, a indiqué le porte-parole du gouvernement. Aussi, le gouvernement aurait mobilisé deux bus qui leur permettra d’être reconduits dans les deux principales villes anglophones, Buea et Bamenda.

Selon certains experts, cette mesure prise par le président camerounais n’est pas un hasard. Il voudrait éviter une rentrée scolaire agitée dans les régions anglophones, en proie à des grèves d’enseignants à répétition. En outre, le bon déroulement de la prochaine élection présidentielle prévue pour 2018 serait une raison pour laquelle Biya tenterait l’apaisement.

Communiqué de la Présidence camerounaise exigeant la libération des leaders anglophones.

 


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