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Egypte : l’ex-candidat à la présidentielle Khaled Ali écope de trois mois de prison pour avoir fait un bras d’honneur


Khalid Ali célébrant le verdict de la Cour Suprême sur les îles Tiran en janvier 2017© Mohamed Abd El Ghany/Reuters

Egypte Justice – La justice égyptienne a condamné à trois mois de prison Khaled Ali pour « atteinte à la décence publique ». Une tentative pour l’empêcher de se présenter aux futures élections selon Amnesty International.

L’avocat et activiste Khaled Ali, vient d’être condamné en première instance à trois mois de prison. La célèbre figure de l’opposition égyptienne était accusé d’avoir levé son majeur lors d’une manifestation en début d’année. En effet, en janvier 2017, la Cour Suprême administrative statue en sa faveur en invalidant la décision du gouvernement égyptien de céder les Îles Tiran à l’Arabie Saoudite. Une victoire que l’avocat aurait célébré en faisant un doigt d’honneur à la sortie de l’audience, selon l’accusation.

C’est un citoyen lambda qui aurait porté l’affaire devant les tribunaux, photo à l’appui. Mais l’avocat a nié l’authenticité de cette prétendue photo de lui exécutant le geste obscène. La justice a, de son côté, statué que l’ex-candidat à la présidentielle s’était effectivement rendu coupable d’atteinte à la décence publique ». Les avocats d’Ali ont d’ores et déjà annoncé qu’ils comptaient faire appel de la décision.

Khaled Ali, une personnalité qui dérange ?

Peu de temps après le verdict, Amnesty international a publié un communiqué condamnant la décision de la cour. D’après elle, les motivations derrière cette condamnation sont purement politiques. Déjà candidat à la présidentielle de 2012, Khaled Ali jouit d’une forte popularité et à tout pour être un des principaux adversaires d’Al Sissi, président actuel. Malheureusement, le jugement, s’il est confirmé en appel, l’empêchera de se porter candidat pour le scrutin de 2018.

« La condamnation politiquement motivée de Khaled Ali aujourd’hui est un signal clair que les autorités égyptiennes ont l’intention d’élino-mining tout adversaire qui pourrait se dresser contre la victoire du président Abdel Fattah Al-Sissi lors de l’élection de l’année prochaine » – Naija Boumain, Directrice de la section Afrique du Nord d’Amnesty International

En même temps que l’arrestation de Khaled Ali, en mai dernier, de nombreux autres opposants se seraient eux aussi retrouvés en détention pour des motifs fallacieux, selon plusieurs avocats. Tous ayant comme point commun d’être des potentiels candidats à l’élection de 2018. Des accusations réfutées par le ministre de l’Intérieur égyptien.

Abdel Fattah Al-Sissi est élu en 2014 avec 96% des suffrages. Son mandat est fortement critiqué de par ses nombreuses accusations d’atteinte aux droits de l’Homme et des libertés individuelles. Il n’a, pour l’heure, pas encore annoncé sa candidature.


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