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Ouganda: une bagarre au Parlement entraîne la suspension des retransmissions en direct des sessions


Bagarre au Parlement ougandais
Pour le deuxième jour consécutif, une bagarre éclate au Parlement ougandais à Kampala. © James Akena / REUTERS

(APN) — Une violente bagarre a éclaté ce 27 septembre au Parlement ougandais entre députés de l’opposition et de la majorité. Le sujet de la discorde est la suppression de la limite d’âge afin de se présenter à la présidentielle. Le jour suivant, la décision de suspendre les retransmissions en direct des sessions parlementaires, est arrêtée.

Dans deux semaines, le Parlement ougandais devra débattre sur la modification de la Constitution. En effet, une motion autorisant à un député de la majorité de présenter son projet de loi a été adoptée ce 27 septembre. Cependant, un rixe a éclaté durant la séance parlementaire entre les députés de l’opposition et de la majorité.

Une vingtaine de députés de l’opposition ont été priés de quitter la salle. Ces derniers auraient refusé en s’opposant farouchement à l’adoption de ladite motion. Des violences ont éclaté (jets de chaises, coups de ceinture…) entre députés de la majorité et de l’opposition avant que la sécurité évacue les parlementaires de l’opposition. C’est donc dans le calme et avec des sièges de l’opposition vide que le vote de la motion s’est déroulé. Une victoire pour la majorité qui devra présenter le projet de loi dans deux semaines.

La Constitution ougandaise met la limite d’âge à 75 ans pour poser sa candidature à la présidentielle. Dans son état actuel, elle empêche Yoweri Museveni âgé de 73 ans et président ougandais, de se présenter en 2021. L’opposition voit la modification de cette mesure comme un moyen de maintenir le président ougandais au pouvoir. Ainsi, il pourrait briguer un sixième mandat consécutif en 2021, lui qui est au pouvoir depuis 1986.

Interdiction de retransmettre en direct les sessions parlementaires

Au lendemain de l’incident, la Commission de la communication du pays a pris une nouvelle mesure à effet immédiat à l’encontre des médias ougandais. Sont désormais interdites, les retransmissions en direct des séances parlementaires jusque là normales.

Dans un communiqué, le directeur exécutif de la Commission a indiqué que ces transmissions « agitent la haine et favorisent une culture de la violence ». Il a ensuite invité les télévisions et les radios à cesser immédiatement ces retransmissions sous peine de sanctions sévères allant jusqu’au retrait de leur licence.


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