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Gabon : pour booster l’agriculture le gouvernement veut instituer un SMIG agricole, sauf qu’il existe déjà


Yves Fernand Manfoumbi (à gauche) et Carmen Ndaot (à droite)
Yves Fernand Manfoumbi (à gauche) et Carmen Ndaot (à droite)

Gabon (Africapostnews) – Yves-Fernand Mamfoumbi, le ministre gabonais de l’Agriculture, de l’Elevage en charge du programme Graine, a annoncé son intention d’instituer un salaire minimum interprofessionnel garanti agricole (SMIG agricole) au Gabon. Problème, un décret de novembre 2006 fixe déjà le SMIG agricole à 80 000 FCFA par mois.

Yves-Fernand Mamfoumbi et sa collègue Carmen Ndaot, ministre du travail, ont informé l’opinion de leur volonté de mettre en place un cadre pour l’emploi dans le secteur agricole. La mesure phare de cette réforme annoncée sera l’adoption d’un SMIG agricole.

Les 2 membres du gouvernement ont présenté cette mesure comme une avancée majeure et une première dans le pays. Seulement, le Décret n° 855/PR/MTE du 9 novembre 2006 fixant le salaire minimum en République gabonaise prévoit deux SMIG distincts selon que le salarié relève du régime général ou du régime agricole.

Ainsi, l’article 2 de ce décret précise : « Sur l’ensemble du territoire national, le salaire minimum interprofessionnel garanti est fixé à quatre- vingt mille francs (80 000 FCFA) par mois pour le régime général et pour le régime agricole. »

L’article 3 du même décret indique volume hebdomadaire d’heures travaillées pour les salariés relevant du régime général et du régime agricole pour être éligible au versement du   SMIG à taux plein :

 « Le salaire minimum interprofessionnel garanti est calculé sur la base de 6 heures et 40 minutes par jour pour les activités soumises au régime général, soit 40 heures par semaine et de 8 heures de travail par jour pour les activités agricoles et assimilées, soit 48 heures par semaine ».

Le SMIG agricole en vigueur en République gabonaise s’élève donc à 80 000 FCFA par mois pour 48 heures travaillées par semaine. Au mieux, le gouvernement peut abroger le  Décret n° 855/PR/MTE du 9 novembre 2006 et réévaluer le SMIG agricole. Il ne peut cependant pas l’instaurer. D’autres l’ayant fait avant lui.


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