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Quand Stella McCartney invente le kabangondo


 

Culture – Pour ceux qui ont des origines en Afrique, plus particulièrement en Afrique centrale, le kabangondo, plus communément appelé le kaba est un vêtement très prisé des femmes camerounaises. Cet incontournable de la mode africaine se retrouve aujourd’hui au cœur d’un énième scandale d’appropriation culturelle.

L’appropriation culturelle, une tendance en vogue chez les stylistes occidentaux

La Fashion Week de Paris est le rendez-vous des plus grands couturiers dans la capitale française. On y retrouve les plus grands noms du milieu, dont celui de Stella McCartney, styliste britannique. C’est lors de son défilé en date du 2 octobre que certains mannequins ont arboré le fameux kaba. Des mannequins blancs évidemment sur des pièces « originales » et « créatives ».

Bien évidemment, il n’a pas été jugé utile de faire défiler des mannequins noirs pour ces vêtements. Comme pour le cas des pièces Massai (insérer lien APN) qui font désormais partie de la mode contemporaine, il devient de plus en plus courant d’emprunter dans la culture africaine sans forcément penser à lui rendre hommage. La mode africaine devient, au fil des années, un puits gratuit dans lequel les créateurs occidentaux viennent s’inspirer sans aucune compensation.

Pourquoi une telle polémique ?

D’aucuns se demandent pourquoi faire défiler un tissu populaire africain crée une fois de plus la polémique. Premièrement, cet habit porté par les femmes Douala coûte en moyenne quelques dizaines d’euros voire plus selon le modèle et le tissu utilisé. Stella McCartney le revendra surement beaucoup plus cher sans reverser quoi que ce soit aux créateurs africains qui manient le tissu depuis des années.

De plus, le passé tragique qui lie l’Afrique au monde occidental complique beaucoup ce mouvement d’appropriation culturelle. Cette culture qui a longtemps été moquée, rabaissée, humiliée pour se retrouver aujourd’hui appréciée uniquement lorsqu’un blanc la met sous les feux des projecteurs.

Pour finir, le fait que l’industrie de la mode soit encore trop hermétique aux mannequins noirs alors qu’elle n’hésite pas à emprunter des modèles en Afrique rend le phénomène encore plus controversé.


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