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Gabon : le vice-président du Sénat pourrait être conduit de force dans les locaux de la gendarmerie


Le sénateur Jean-Christophe Owono Nguema
Le sénateur Jean-Christophe Owono Nguema

Gabon (Africapostnews) – Jean-Christophe Owono Nguema, le vice-président du Sénat, qui avait critiqué de façon virulente le projet de modification de la Constitution pourrait être conduit de force dans les locaux de la Direction générale de recherches (DGR) de la gendarmerie nationale gabonaise. Alors qu’il s’est vu remettre une convocation ce week-end, l’opposant a déjà affirmé qu’il ne s’y plierait pas et sera à son bureau du Sénat dans la journée d’aujourd’hui.

L’actualité politique du début de semaine au Gabon se concentre autour d’un homme, le sénateur Jean-Christophe Owono Nguema. Ce cadre de l’Union nationale (UN), avait appelé les gabonais à descendre massivement dans la rue pour chasser Ali Bongo du pouvoir sur les antennes de TV5 Monde le 19 octobre 2017.

L’usage de la force envisagé, la société civile met en garde

Convoqué, alors que la Constitution dispose qu’un parlementaire ne peut être poursuivi ou entendu pour des propos et opinions émises dans l’exercice de ses fonctions, le procureur de la République de Libreville se fonde sur une exception prévue à l’article 38 de la Constitution pour convoquer Jean-Christophe Owono Nguema. En effet, cet article dispose que les parlementaires ne peuvent être poursuivis pour leurs opinions « sauf en cas de flagrant délit ». Pour  le procureur Steeve Ndong Essame, le vice-président du Sénat fait l’objet d’une enquête de flagrance pour « incitation à la révolte contre l’autorité de l’Etat ».

Au sein de l’opposition, on réfute cette interprétation et on dit ne voir qu’un élu qui a dénoncé un projet de texte constitutionnel qui serait une « monarchisation » de fait du Gabon au bénéfice du président Ali Bongo Ondimba.

Une source proche de l’affaire contactée par Africapostnews a déclaré : « lors d’une convocation de la gendarmerie, si la personne convoquée ne se présente pas d’elle-même, la gendarmerie a le devoir d’aller la chercher en faisant usage de la force s’il le faut. Personne ne fait exception ».

Au sein de la société civile, certains leaders comme Marc Ona Essangui, qui multiplient les posts sur les réseaux sociaux en faveur du sénateur, a mis en garde ceux qui voudraient utiliser la violence pour contraindre Jean-Christophe Owono Nguema.


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