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Les oppositions africaines au cœur d’une conférence internationale au palais Bourbon


Une vue des participants à la conférence / DR Africapostnews
Une vue des participants à la conférence / DR Africapostnews

Paris (Africapostnews) – A l’initiative de l’Institut Mandela, une série de conférences-débat s’est tenue ce 4 novembre au palais Bourbon, le siège de l’Assemblée nationale française. Autour du thème «  Les enjeux de l’opposition en Afrique », plusieurs personnalités parmi lesquelles des anciens ministres, des parlementaires, des diplomates, des intellectuelles et des leaders d’ONG, ont livré leur analyse des oppositions africaines.

En ouverture de la Conférence internationale organisée par l’institut qu’il préside, Paul Kananura a rappelé l’utilité de mettre les oppositions africaines au cœur d’un débat de haut niveau. Pour le président de l’institut Mandela, des oppositions de proposition présentent plus d’intérêts pour le continent africain que celles qu’il a qualifié d’ « oppositions revanchardes ».

Intervenant en qualité de modérateur, l’ambassadeur français Stéphane Gompertz a rappelé que la situation des oppositions en Afrique est spécifique à chaque pays où elles évoluent même si on retrouve des points de convergence.

La Conférence qui a réuni près de 200 personnes dans la salle Colbert du palais Boubon, a été l’occasion pour Charles Mba, ancien ministre gabonais des finances de rappeler la nécessité de réfléchir sur l’Etat de droit démocratique et républicain. « L’opposition doit être préparée à l’exercice du pouvoir. Cette préparation passe par la conception d’un projet de société structuré », a martelé Charles Mba.

Des oppositions politiques plus mature

Le nigerien Kag Sanoussi, le Président de l’institut international de gestion des conflits (IIGC), a indiqué que les oppositions africaines, celles d’Afrique francophone notamment, ont connu 3 phases : une phase de clandestinité pendant la période des partis uniques (entre 1960 et 1990), une phase de reconnaissance et de légitimation après les conférences nationales du début des années 90 (entre 1990 et 2000), une phase de maturité depuis le début des années 2000.

Maliza Said Soilihi (au centre), l’ambassadeur tunisien Ezzeddine Zayani et le guinéen Kabinat Fofana (à gauche) // DR Africapostnews
Maliza Said Soilihi (au centre), l’ambassadeur tunisien Ezzeddine Zayani et le guinéen Kabinat Fofana (à gauche) // DR Africapostnews

Dans un autre panel modéré par Maliza Said Soilihi, l’ambassadeur tunisien Ezzeddine Zayani, a évoqué l’après-révolution tunisienne pour illustrer l’impréparation de certaines oppositions à exercer le pouvoir. « Depuis la révolution, il y a eu 3 présidents de la République, 10 gouvernements, plus de 360 ministres et plus de 300 secrétaires d’Etat », a-t-il déploré en dénonçant notamment la course à l’enrichissement rapide et souvent illicite de plusieurs anciens opposants devenus gouvernants.

Autre intervenant, le président d’ONG guinéen Kabinet Fofana, a rappelé le rôle que doit jouer la société civile et les citoyens pour assoir véritablement la démocratie sur le continent africain.

Au cours des débats, les intervenants ont multiplié les échanges et les interactions avec l’assistance venue nombreuse ce samedi à l’invitation de l’institut Mandela.


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