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COP23: Peut-on financer l’action climatique en Afrique sans adresser le problème de l’urbanisation anarchique?


Action Climatique : Un quartier de Freetown en Sierra Leone, jonché de déchets.
Un quartier de Freetown en Sierra Leone, jonché de déchets. Holly Picket (NY Times)

Afrique Environnement (Africapostnews) – Pour les pays africains, l’un des principaux défis de la COP 23 (Conférence des Nations unies sur le changement climatique), qui a démarré le 6 novembre 2017 à Bonn en Allemagne, sera notamment de répondre à la question du financement de l’atténuation (réduction des émissions) et de l’adaptation au changement climatique.

A l’aide de ces financements, les gouvernements africains s’engagent dans des stratégies d’atténuation et d’adaptation, mais qui les obligera à rendre des comptes quant à leur application ? L’Afrique est le continent le plus dépourvu d’infrastructures viables, comment parler d’efficacité énergétique et d’action climatique dans ces conditions?

Le lien entre l’urbanisation anarchique et l’action climatique

 

Le continent africain a été marqué par une croissance sans précédent accompagnée d’une urbanisation rapide presque a la limite de l’anarchie. Une grande partie de cette croissance a été engendrée par une démarche qui augmente les émissions de gaz à effet de serre.

L’Afrique connaît réellement des problèmes environnementaux liés aux constructions anarchiques qui occasionnent des problèmes de gestion des déchets, inondations, érosion ainsi que des maladies. Le réchauffement climatique n’est pourtant pas à l’origine de cette situation que l’on retrouve dans les plus grandes villes du continent.

Le cas de la Sierra Leone

La calamité qui a frappé la Sierra Leone le 14 août, lorsque Sugarloaf, la montagne conique surplombant la capitale, Freetown, s’est effondrée dans une coulée de boue qui a balayé des bâtiments et tué au moins 400 personnes, était choquante mais pas nécessairement étonnante. La tragédie était principalement causée par l’homme.

Le glissement de terrain de Freetown a été causé par par le changement climatique mais ses conséquences sont attribuées a l’activité humaine. Le gouvernement Sierra Léonais aurait dû interdire la construction dans les zones protégées comme celles autour de la montagne Sugarloaf, et encadrer la relocalisation des populations. Éviter ce genre de désastre implique des actions réelles, y compris la démolition des constructions anarchiques et la réinstallation des personnes qui les occupent.

Action climatique et protection de écosystème : le cas du Gabon

Le ministre gabonais de l’économie, Régis Immongault a déclaré il y a quelques jours attendre que « le fonds vert pour le climat s’implique davantage dans le financement du développement durable du Gabon».

En juin 2017, un don de 18 millions de dollars a été accordé au Gabon afin d’atteindre l’objectif de réduction des émissions de 50%, de mieux planifier l’utilisation des terres et la protection plus de 23 millions d’hectares de forêt tropicale. Quels sont les plans du Gabon en terme de réformes environnementales ?

Le Gabon est très impliqué dans la politique liée à  l’action climatique. Le Plan opérationnel Gabon Vert se concentre principalement sur la protection de l’écosystème national mais ne se penche pas réellement sur l’impact environnemental des constructions anarchiques. Ce plan soulève cependant l’importance de l’efficacité énergétique : le pays souhaite réduire la consommation en énergie de 20%. N’est-il pas contradictoire de parler de réduction de consommation en énergie alors que la capitale souffre constamment de coupures intempestives?

Comment s’assurer de la bonne utilisation des fonds alloués a l’action climatique ?

Afin de relever les défis de l’urbanisation auxquels sont confrontées de nombreuses villes africaines, certaines réformes clés devraient être poursuivies par les gouvernements. L’éradication des constructions anarchiques constitue l’une des principales étapes vers le développement durable.

Afin de pallier aux effets néfastes du réchauffement climatique, les gouvernements devraient agir de manière proactive pour assurer un développement urbain ordonné en définissant et en mettant en œuvre des stratégies de développement urbain claires. Les catastrophes naturelles ont un impact moins dramatique lorsque les systèmes urbains sont optimisés et mieux organisés.

La question du financement est cruciale dans la lutte engagée par les pays africains contre le changement climatique, mais celui-ci doit être attribué à des projets permettant de trouver des solutions sur le long terme. Mais surtout les gouvernements africains doivent rendre des comptes sur l’utilisation des fonds pour l’action climatique.


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