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Zimbabwe : le chef de l’armée monte au créneau suite à la destitution de l’ancien vice-président et met en garde le pouvoir


Le chef d’etat-major menace le pouvoir
Le Général Constantino Chiwenga chef de l’armée zimbabwéenne.

Zimbabwe (APN) — Le général Constantino Chiwenga, chef de l’armée zimbabwéenne s’est exprimé lors d’une rare déclaration. Il a dénoncé le limogeage d’Emmerson Mnangagwa et appelé le parti au pouvoir à arrêter l’actuel purge.

Le chef de l’armée zimbabwéenne, le général Constantino Chiwenga a fait une sortie médiatique à Harare. Celui qui s’exprime rarement en public, a tenu à montrer son mécontentement une semaine après l’éviction du vice-président Emmerson Mnangagwa désormais en exil. Durant cette conférence de presse, Constantino Chiwenga était accompagné de 90 hauts gradés de l’armée.

C’est donc au quartier général de l’armée qu’il a dénoncé le limogeage du désormais ancien vice-président. Il a par ailleurs tapé du point sur la table et affirmée que les renvois d’anciens combattants de la guerre d’indépendance ne seront plus tolérés. Il a donc urger les membres du parti au pouvoir (Zanu-PF) de cesser ce qu’il appelle une purge contre ces derniers.

« L’épuration actuelle qui vise clairement les anciens combattants de la guerre d’indépendance au sein du parti (Zanu-PF) doit cesser sur-le-champ » a-t-il déclaré. « Nous devons rappeler à ceux derrière ces dangereuses manœuvres que lorsqu’il s’agit de protéger notre révolution, l’armée n’hésitera pas à intervenir. » a-t-il ajouté. De plus, selon lui les « chamailleries » entre politiciens n’a mené à aucun changement significatif dans le développement du pays lors des cinq dernières années.

Sans citer de nom, tout laisse à penser que Constantino Chiwenga soutient l’ancien vice-président Emmerson Mnangagwa. Ce dernier, ancien combattant de l’indépendance et ancien ministre de la Défense entretient des liens étroits avec l’armée.

La tension monte entre l’armée et jeunes du Zanu-PF

De son côté Grace Mugabe, celle à qui profiterait le départ du vice-président, est poussée par les jeunes du parti au pouvoir. Le camp de l’épouse n’a pas publiquement réagi à la sortie du chef de l’armée. Cependant, les jeunes du Zanu-PF se sont faits entendre et ont qualifié l’intervention du général Constantino de « viol contre la Constitution. »

« Nous n’allons pas rester les mains liées et permettre au chef de l’armée de compromettre la Constitution qui l’a établi » a déclaré Kudzai Chipanga, chef des jeunes du Zanu-PF. « Défendre la révolution et notre leader le président, est un idéal pour lequel nous vivons et nous sommes prêts à mourir pour cela si nécessaire » a-t-il ajouté.

Les jeunes du parti témoignent d’un soutien indéfectible au clan Mugabe. Cependant, ses dissensions avec Emmerson Mnangagwa et les anciens combattants peuvent la mettre dans une situation délicate face à l’armée. Ces tensions apparaissent dans un pays minée par de nombreux soucis économies. Entre autres le manque de liquidité et l’inflation sur les produits de première nécessité.


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