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Au Zimbabwe le pouvoir tremble et la famille Mugabe est détenue, l’armée dément un coup d’état et parle d’une transition pacifique


Coup de force de l’armée au Zimbabwe
L’armée zimbabwéenne dans les rues de Harare ce mercredi. Photo : CNN.com

Zimbabwe (APN) — La déclaration du chef d’état major de l’armée zimbabwéenne a débouché sur une intervention du corps habillé. Plusieurs explosions ont été entendues à Harare, de nombreuses personnalités politiques sont en détention dont le président Mugabe et sa famille. L’armée parle d’une transition sans effusion de sang.

Le pouvoir vacille au Zimbabwe et Robert Mugabe qui dirige le pays depuis 1980 pourrait être renversé ou poussé à démissionner. La destitution du vice-président Emmerson Mnangagwa et la « purge » au sein du parti au pouvoir visant les anciens combattants de l’indépendance sont selon le général Constantino Chiwenga, les éléments déclencheurs de ce mouvement de l’armée. En effet, son chef d’état major a menacé le pouvoir d’intervenir quelques heures avant.

Sans être cité, la première Dame du Zimbabwe Grace Mugabe est visée par les propos de l’armée. Cette dernière est soupçonnée d’avoir forcé l’éviction du vice-président pour prendre sa place et succédé à son mari à la tête du pouvoir. Celle qui a le soutien de la frange des jeunes du parti a qualifié Emmerson Mnangagwa de serpent qui doit être frappé sur la tête et voulait débarrasser la Zanu-PF des « traîtres comme lui. »

L’armée zimbabwéenne passe à l’action, les Mugabe sont détenus

Dans la nuit d’hier, l’armée a mis ses paroles à exécution. La tension est montée d’un cran et plusieurs chars ont d’abord été aperçus en après-midi dans les rues de la capitale. Quelques heures après, plusieurs explosions ont été entendues à Harare. Les soldats ont occupé la radiotélévision nationale et ont bloqué l’accès à toutes les institutions nationales.

À la télévision nationale, le porte parole de l’armée, le général Sibusiso Moyo a lu une déclaration dans la soirée qui fait office de mise au point de la situation. Il a indiqué que le président et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie. Il a ensuite déclaré que l’action de l’armée vise « les criminels autour du président Mugabe qui commettent des crimes ». Il a ajouté que ce n’est pas un coup d’état militaire mais un acte pour « pacifier le climat social et politique du pays ». Aucune information n’est sortie sur qui est derrière l’intervention militaire mais les soupçons parlent de Mnangagwa.

Les tweets de la ZANU-PF

Dans la matinée, c’est sur le compte twitter (non certifié) du parti au pouvoir que d’autres éléments ont été donnés. On y voit des tweets affirmant non seulement que ce n’est pas un coup d’état on parle d´Emmerson Mnangagwa comme nouveau président par intérim de la ZANU-PF. De plus, on y apprend que la famille Mugabe est détenue « pour la Constitution et pour la nation » avant d’ajouter que le Zimbabwe et la ZANU-PF ne sont pas les propriétés de Mugabe et de sa femme.

Les explosions entendues hier seraient dues à certaines arrestations difficiles. On peut penser à Kudzai Chipanga, chef de la frange des jeunes du parti qui a été arrêté mais aussi au ministre des Finances. Les tweets parlent d’une « nouvelle ère » mené par l’ancien vice-président mais aussi de Grace Mugabe qui profiterait de la vieillesse de son mari. Un peu plus tard un tweet indique : « la situation a été pacifiée ».

Au micro de la BBC, le représentant de la ZANU-PF en Angleterre a affirmé que Mugabe reste au pouvoir. Cependant, l’action de l’armée aurait selon lui débouché à des réajustements au sein du parti au pouvoir qui était divisé sur la question de la succession à la tête du pays et du parti.


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