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Cop23 : Alpha Condé et Denis Sassou Nguesso déçus que l’Afrique n’ait pas obtenu les financements promis


Lors de la COP23 qui se tient actuellement à Bonn en Allemagne, Alpha Condé et Denis Sassou Nguesso présidents respectifs de la Guinée et du Congo, ont exprimé leur déception vis-à-vis de certains engagements pris par la communauté internationale. En effet, les financements qui devaient être fournis par le Fonds vert sont toujours attendus.

Leur intervention a été soutenue par le ministre congolais du Tourisme et de l’Environnement. Cependant, un membre de l’ONG Enda Énergie a interpellé l’assemblé en expliquant que la déclaration des deux chefs d’État aurait pu avoir de l’impact s’ils avaient présenté des programmes chiffrés de la dégradation causée par le climat.

À Bonn, les deux homologues veulent que la Communauté internationale respecte ses engagements

Actuellement président en exercice de l’Union africaine, Alpha Condé a déclaré lors de l’Africa Day que « ce qui est fondamental à cette COP23 c’est de mettre un accent sur la nécessité de mettre en pratique les décisions prises à Paris, c’est-à-dire le financement. Le changement climatique, dont l’Afrique n’est pas responsable, entraine la pauvreté. Et la pauvreté entraine l’émigration et le terrorisme. Quels que soient les moyens que nous mettrons au G5 Sahel, nous ne pourrons jamais vaincre le terrorisme si nous ne diminuons pas la pauvreté en Afrique ».

Denis Sassou Nguesso, qui avait été nommé à la présidence de la commission climat en charge du bassin du Congo a tenu à défendre le projet de Fonds bleu. Ce projet a pour but premier de financer tous les programmes de développement de la région. « Nous souhaitons que toute l’Afrique d’une seule voix soutienne ce grand projet du bassin du Congo. Nous parlons du Fonds bleu mais nous n’ignorons pas qu’il existe le Fond vert depuis Cancún. Depuis Cancún, aucun franc ne sort de ce fond vert » explique-t-il devant la communauté internationale.

Des propos qui suscitent une contestation d’Aissatou Diouf 

Cette déclaration des deux présidents a été validée par le ministre du Tourisme et de l’Environnement du Congo qui s’est également exprimé sur le sujet. Également coordinatrice de la commission du bassin du Congo, Arlette Soudan-Nonault, a été plutôt satisfaite de leur intervention au moment ou les négociations climat sont d’actualité dans leur phase politique. À leur propos se sont ajoutés ceux du président du Parlement panafricain qui a déclaré « nous ne pouvons plus continuer à négocier ce qui a déjà été arrêté ». « Nous attendons fermement d’arriver à des conclusions concrètes. Surtout pour nos populations. Nos populations africaines meurent du  changement climatique ».

Aissatou Diouf, membre du réseau climat et développement et de l’ONG Enda Énergie, pense que les interventions des dirigeants africains ne suffisent pas à remanier les négociations en cours. Selon elle, les présidents « ne peuvent pas dire que rien n’a été décaissé par les Fonds verts. Des projets sont financés ». Vingt-trois parmi les cinquante-quatre projets retenus par l’institution sont pour l’Afrique. Le continent africain reste celui qui bénéficie du plus grand nombre de financements.  « Les chefs d’État africains devraient changer de paradigme. Ils ne peuvent pas seulement continuer à dire que l’Afrique est le continent le plus touché par le changement climatique » ajoute-t-elle.


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